Le présent rapport montre que les conditions extrêmes et la volatilité observées sur les marchés sont beaucoup plus susceptibles de résulter d'erreurs systématiques faites dans l'évaluation des pressions inflationnistes et dans le choix de mesures anti-inflationnistes que de chocs aléatoires défavorables.

Nous présentons un modèle simple qui incorpore les caractéristiques principales du processus de gestion de la politique monétaire. Nous utilisons deux versions du modèle pour définir deux économies hypothétiques. Dans la première, l'inflation réagit de façon linéaire au degré de demande excédentaire; dans la seconde, il y a asymétrie, la demande excédentaire ayant des effets plus rapides et plus puissants sur l'inflation que l'offre excédentaire. À l'aide de simulations stochastiques des deux économies, nous étudions les incidences des erreurs inhérentes au modèle dont se sert l'autorité monétaire pour formuler une politique visant à maintenir l'inflation près d'un objectif cible. Pour chaque économie, nous étudions deux cas : dans un cas, l'autorité monétaire connaît la structure véritable de l'économie; dans l'autre, elle suppose, à tort, que l'autre version du modèle décrit l'économie.

Les résultats montrent que, dans le cas où l'autorité monétaire ne peut connaître la structure véritable de l'économie, elle minimise les risques d'erreurs cumulatives et la volatilité sur les marchés en supposant qu'elle fait face à la tâche plus ardue de contenir l'inflation dans un contexte non linéaire. Si cette hypothèse est erronée, il y a des coûts qui se présentent, par exemple sous la forme d'une production en moyenne légèrement inférieure à ce qu'elle aurait pu être. Toutefois, les coûts que comporte une hypothèse incorrecte de linéarité sont beaucoup plus élevés, parce que cette erreur tend à donner lieu à des poussées d'inflation, qui sont suivies d'ajustements économiques assez difficiles.