L'auteur modélise une petite économie ouverte pour examiner la façon dont le mode de remboursement de l'aide alimentaire agit, dans les pays bénéficiaires, sur l'emploi, la sécurité alimentaire et le bien-être global, dans un environnement où les entreprises du secteur privé paient des salaires d'efficience en vue d'encourager l'effort. Il prend en considération deux formes de prestation d'aide alimentaire. Il examine en premier lieu l'aide alimentaire fournie dans le cadre d'un projet d'assistance. Dans ce mode de livraison, l'aide est utilisée pour financer des projets d'infrastructure, et les consommateurs sont appelés à participer à des projets publics pour la recevoir. En second lieu, l'auteur aborde l'aide alimentaire non liée à un projet, qui englobe toutes les formes d'aide alimentaire distribuée gratuitement aux consommateurs. Le modèle donne à penser que, lorsque l'aide alimentaire est utilisée pour financer des projets d'infrastructure, elle n'a pas pour effet de décourager l'emploi dans le secteur alimentaire. Elle accroît plutôt la sécurité alimentaire et abaisse le niveau du chômage dans le pays bénéficiaire. En revanche, lorsque l'aide alimentaire est fournie gratuitement, le modèle laisse entendre qu'elle a pour effet de déprimer l'emploi dans le secteur alimentaire et qu'elle accroît le chômage et réduit la sécurité alimentaire. Dans les deux modes de distribution de l'aide alimentaire, l'effet que l'aide alimentaire a sur le bien-être global est ambigu. Les résultats empiriques laissent croire que l'aide alimentaire fournie dans le cadre d'un projet augmente la sécurité alimentaire, alors que l'aide alimentaire n'entrant pas dans le cadre d'un projet la réduit.