Bonjour. Je suis très heureux d'être à St. John's et d'avoir la possibilité de m'adresser à la Chambre de commerce. Une fois par année, la Banque du Canada réunit son Conseil d'administration à l'extérieur d'Ottawa. Plusieurs raisons l'incitent à le faire, mais la plus importante sans doute est que cela lui donne la chance de rencontrer, et d'écouter, des chefs d'entreprise et des dirigeants syndicaux de diverses régions du pays. J'espère bien que nous aurons le temps d'avoir une bonne discussion après mon discours. La Banque tient beaucoup à entendre et à comprendre vos points de vue et vos préoccupations. Cette information l'aide à évaluer les perspectives économiques canadiennes à moyen terme, ainsi qu'à formuler la politique monétaire de manière à ce que notre économie puisse favoriser une croissance durable maximale de l'emploi et des revenus à long terme.

Bien entendu, à mesure que le temps passe, le « long terme » devient du « court terme ». Dans mon discours, j'aimerais justement vous parler d'un point qui était auparavant considéré comme une question théorique à long terme, mais qui est devenu une considération d'ordre pratique à court terme pour ce qui est de la politique monétaire, à savoir l'incidence du vieillissement de la population canadienne sur le potentiel économique du pays. La Banque a traité de ce sujet dans la livraison d'avril de son Rapport sur la politique monétaire, et aujourd'hui, je veux approfondir quelque peu cette question. Je compte vous entretenir de la façon dont nous percevons l'évolution tendancielle future de la main-d'oeuvre, de même que des implications de celle-ci pour la politique monétaire en particulier et pour l'économie en général. Puis, je souhaiterais prendre quelques minutes pour discuter de l'état actuel de l'économie canadienne et de ses perspectives, avant de vous inviter à me poser vos questions et à me faire part de vos commentaires.

Main-d'oeuvre et production potentielle

Je commencerai par l'évolution démographique et les tendances en matière de main-d'oeuvre. Mais j'expliquerai d'abord en quoi ce sujet concerne la conduite de la politique monétaire. Les concepts en cause sont plutôt simples, mais les choses peuvent se compliquer pas mal et assez vite. Mon but est de vous décrire ces questions de façon claire et précise; je vous épargnerai donc les termes techniques et les détails complexes.

Au fil des ans, nous, à la Banque du Canada, avons appris que la meilleure contribution que la politique monétaire peut apporter au bien-être économique des Canadiens et des Canadiennes consiste à garder l'inflation à un niveau bas, stable et prévisible. Notre objectif est de maintenir le taux d'accroissement annuel des prix à la consommation à 2 %, soit le point médian d'une fourchette de maîtrise de l'inflation qui va de 1 à 3 %. Si les attentes d'inflation sont solidement ancrées, un climat d'inflation basse et stable peut être maintenu lorsque l'économie tourne à son plein potentiel, c'est-à-dire lorsqu'elle permet de réaliser le niveau de production maximal qu'il est possible d'atteindre sans provoquer de tensions inflationnistes. C'est ce que les économistes appellent « production potentielle » de l'économie. Si l'économie fonctionne à un niveau supérieur à son potentiel, il peut en résulter des pressions à la hausse sur l'inflation future. En revanche, si elle tourne en deçà de son potentiel, des pressions à la baisse pourront s'exercer sur l'inflation plus tard.

Malheureusement pour les banquiers centraux, il n'est pas possible de mesurer directement la production potentielle : il faut l'estimer. Néanmoins, nous savons que sa progression varie d'année en année. Son rythme d'expansion repose essentiellement sur deux facteurs : l'augmentation du nombre d'heures que la population peut consacrer au travail et la hausse de la productivité de ce travail. Plus le nombre de personnes dans la population active est grand et plus celles-ci passent de temps au travail chaque semaine, plus la production pourra être élevée sans engendrer d'inflation. En outre, plus le niveau des investissements en machines, matériel et bâtiments est important, plus la production pourra augmenter sans entraîner d'inflation. Bien sûr, la productivité ne dépend pas uniquement de la quantité de main-d'oeuvre et de capital, la qualité compte aussi. Disposer d'une main-d'oeuvre plus instruite et mieux formée peut avoir des effets réels sur les gains de productivité réalisables avec le temps, tout comme la façon dont une entreprise s'y prend pour assurer l'exécution du travail.

Mais pour des raisons de simplicité, je me concentrerai sur mon argument principal, à savoir que l'expansion de la production potentielle est égale à l'accroissement du nombre total d'heures fournies par la main-d'oeuvre – ce que les économistes appellent « taux de croissance tendanciel du facteur travail » – plus la hausse tendancielle de la productivité du travail. Au cours des dernières années, la Banque a estimé à environ 1 1/4 % le taux de croissance tendanciel annualisé du facteur travail, même si la croissance réelle est un peu plus élevée depuis à peu près quatre ans. Et, en se fondant sur les tendances à long terme, la Banque a pris pour hypothèse un taux d'augmentation tendanciel annualisé de la productivité du travail de 1 3/4 %, bien qu'au cours des quatre dernières années, l'augmentation moyenne de la productivité s'est établie bien au-dessous de ce chiffre.

Évolution de la croissance tendancielle du facteur travail

J'aborderai la question de la productivité dans quelques minutes. Mais aujourd'hui, je tiens à concentrer mes propos sur la croissance tendancielle du facteur travail. Depuis 1980, un peu plus de la moitié de l'expansion économique au Canada peut être attribuée à la croissance du facteur travail. Celle-ci s'explique en grande partie par la progression soutenue de la population en âge de travailler au pays. Toutefois, nous savons depuis un certain temps que notre population vieillit, et que ce phénomène aura des répercussions profondes sur le facteur travail au fur et à mesure que les baby-boomers commenceront à partir à la retraite dans les prochaines années.

On peut difficilement surestimer l'importance de la modification du profil d'âge de la main-d'oeuvre. Selon Statistique Canada, il y a 40 ans, l'âge médian au pays était d'environ 25 ans, ce qui signifie qu'il y avait autant de personnes de moins de 25 ans que de plus de 25 ans. Vingt ans plus tard, l'âge médian avoisinait 31 ans, et l'année dernière, il avait grimpé à presque 39. Statistique Canada prévoit que, dans un scénario de croissance démographique moyenne, la proportion des Canadiens en âge de travailler, soit ceux de 20 à 64 ans, devrait atteindre un sommet vers 2011, puis diminuer assez fortement, alors même que la population totale continuera d'augmenter.

Mais si le pourcentage de la population canadienne en âge de travailler se dirige encore vers son sommet et que seuls les baby-boomers les plus âgés approchent l'âge de la retraite, pourquoi la politique monétaire est-elle concernée à l'heure actuelle? Parce que nous savons que le taux d'activité de la main-d'oeuvre varie dans le temps : la participation est généralement faible au début de la vie active, soit entre 15 et 24 ans, puisqu'une grande partie des travailleurs de ce groupe d'âge est encore aux études. Elle augmente ensuite et se stabilise durant les années d'activité maximale, soit de 25 à 54 ans, puis diminue à partir de la fin de la cinquantaine, à mesure que les gens quittent le marché du travail pour prendre leur retraite. Comme les baby-boomers les plus âgés ont maintenant plus de 60 ans et que beaucoup d'autres de cette génération les suivent de très près, nous savons que l'évolution de la répartition par âge de la population a commencé, et continuera, à avoir une incidence directe sur l'offre de main-d'oeuvre, et par conséquent, sur la croissance de la production potentielle de notre économie.

Évidemment, nous ne pouvons pas mesurer directement la main-d'oeuvre que les Canadiens désirent fournir à l'économie. Nous devons déduire cette mesure en examinant les taux d'activité réels et le nombre réel d'heures travaillées chaque semaine. Mais ces deux variables ont tendance à évoluer au gré des fluctuations du cycle économique. À la Banque, nous tentons de voir au-delà de ces fluctuations pour estimer la croissance tendancielle du facteur travail au fil du temps.

Comme je l'ai dit plus tôt, la progression du facteur travail a joué un rôle important dans l'expansion économique globale ces dernières décennies. Qu'est-ce qui a alimenté cette progression? Outre la hausse continue de la population en âge de travailler, le taux d'emploi des femmes a vivement augmenté, ce qui a plus que contrebalancé la légère baisse accusée par celui des hommes. Si ces deux éléments ont accru le facteur travail, on a aussi enregistré une faible diminution tendancielle du nombre moyen d'heures travaillées par semaine. Tout compte fait, comme je l'ai mentionné, la Banque estime que le taux de croissance tendanciel annualisé du facteur travail s'est situé à 1 1/4 % ces dernières années.

Toutefois, étant donné la modification du profil d'âge de la main-d'oeuvre dont je viens de parler, on peut s'attendre à ce que ce taux commence à reculer et qu'il s'établisse nettement en deçà de cette estimation. De fait, les modèles démographiques et économiques donnent à penser qu'il descendra à environ 1 % en 2010 et qu'il poursuivra sa chute pour s'établir à quelque 0,6 % en 2015.

Bien entendu, les projections comportent toujours un élément d'incertitude, surtout celles touchant le comportement des gens. Plusieurs facteurs pourraient contribuer à faire ralentir le recul attendu de la croissance tendancielle du facteur travail, le principal étant la possibilité que le taux d'activité des travailleurs âgés augmente. Pourquoi cela? Notamment parce que la nature du travail change : les emplois deviennent moins exigeants physiquement et plus axés sur le service, et les gens restent en bonne santé plus longtemps. À mesure que l'espérance de vie s'accroît, les gens peuvent décider de demeurer quelques années de plus au sein de la population active. Qui plus est, une forte demande de main-d'oeuvre au sein de l'économie pourrait inciter les travailleurs âgés à ne pas quitter le marché du travail. Il y a beaucoup d'incertitude dans ce que je viens d'énumérer, mais, ce qui est sûr, c'est qu'une fois que les baby-boomers auront atteint et dépassé l'âge de la retraite que l'on considérait autrefois comme normal, soit au cours des prochaines années, la proportion de travailleurs âgés qui continueront à travailler aura un effet considérable sur la croissance tendancielle du facteur travail au sein de l'économie.

Il convient de noter à cette étape que des changements au chapitre de l'immigration sont peu susceptibles d'influencer cette croissance de façon notable. Si les immigrants possédant des compétences recherchées peuvent faire augmenter légèrement le facteur travail, il est peu probable que cela ait une incidence appréciable sur la structure par âge de la population.

En somme, il semble évident que la croissance tendancielle du facteur travail s'inscrira en baisse et qu'elle jouera un rôle moins grand dans la progression de la production potentielle au cours des années à venir. Dans la livraison d'avril du Rapport sur la politique monétaire, nous avons dit prévoir une diminution de 0,1 point de pourcentage du taux de croissance tendanciel du facteur travail en 2009. Toutefois, entre 2011 et 2020, nous observerons un ralentissement plus prononcé, à mesure que la décélération de l'accroissement de la population se poursuivra et que le recul du taux d'emploi s'intensifiera. Il ne faut pas oublier que si le taux d'augmentation tendanciel du facteur travail baisse et que celui de la productivité ne change pas, le taux d'expansion de la production potentielle se repliera également. Autrement dit, l'économie ne pourra pas progresser aussi rapidement sans provoquer de pressions inflationnistes.

C'est pourquoi il deviendra de plus en plus important que la main-d'oeuvre disponible soit utilisée de la façon la plus efficiente possible. Qu'est-ce que cela signifie pour les décideurs? D'abord, nous devons nous assurer que des obstacles ne viennent pas entraver inutilement la participation au marché du travail ou la mobilité de la main-d'oeuvre. Les gouvernements devraient supprimer les obstacles qui empêchent les travailleurs plus âgés de demeurer au sein de la population active. À cet égard, nous avons pu voir des signes encourageants récemment. Les dispositions relatives à la retraite obligatoire ont été supprimées dans certaines provinces. Et l'année dernière, la Colombie-Britannique et l'Alberta ont conclu un accord en vue d'harmoniser, d'ici le début de 2009, les titres de compétences des travailleurs ainsi que la réglementation et les normes auxquelles sont assujetties les entreprises. Ce ne sont là que deux exemples d'interventions positives sur le plan politique. La main-d'oeuvre canadienne a affiché une robustesse et une flexibilité remarquables, nettement supérieures à ce qui avait été observé au cours des décennies précédentes. Il reste que d'autres mesures peuvent être prises pour accroître la souplesse de nos marchés du travail.

Abordons maintenant la question de la productivité. La nécessité pour le Canada de mettre l'accent sur la productivité ne date évidemment pas d'hier. La croissance tendancielle de la productivité a été modérée depuis la fin des années 1970 et, contrairement aux États-Unis, elle n'a pas affiché de hausse notable et soutenue depuis une dizaine d'années. Un certain nombre de causes peuvent expliquer cette situation. Le Canada semble avoir moins mis à profit les technologies de l'information et de la communication et moins investi non seulement en capital physique par travailleur, mais aussi en recherche-développement ainsi qu'au chapitre de la réorganisation du milieu de travail et de la formation des travailleurs. Et plus récemment, les mouvements de la main-d'oeuvre et du capital destinés à tirer avantage de la vigueur des prix des ressources naturelles et de la demande intérieure ont vraisemblablement entraîné des coûts d'ajustement, qui se sont traduits par un ralentissement de la hausse de la productivité.

Mais même si nous ne comprenons pas tout à fait les causes des résultats obtenus par le Canada sur le front de la productivité, il est bien clair que ceux-ci ont été très décevants ces dernières années. En moyenne, le taux d'augmentation annuel de la productivité depuis 2003 a été nettement inférieur au taux de 1 3/4 % que nous anticipions. C'est pourquoi, dans notre livraison d'octobre 2006 du Rapport sur la politique monétaire, nous avons abaissé à 1 1/2 % le taux de croissance tendanciel annualisé de la productivité du travail qui avait été postulé. Les taux d'expansion de 2,8 % cette année et en 2008, et de 2,7 % en 2009 que nous prévoyons pour la production potentielle découlent de la conjugaison de nos points de vue concernant la croissance tendancielle du facteur travail et de la productivité du travail. Au début de la présente décennie, la Banque avait pris pour hypothèse un taux de progression annuel de la production potentielle de 3 %.

Voilà résumée en quelques mots la perception qu'a la Banque de la progression tendancielle du facteur travail et de la productivité. Nous continuerons à travailler sur ces questions importantes et nous y reviendrons dans les prochains mois. En août, nous ferons paraître des articles sur la hausse tendancielle du facteur travail et sur les résultats obtenus par le passé au chapitre de la productivité dans la livraison d'été de la Revue de la Banque du Canada, et nous discuterons à nouveau des perspectives de croissance de la productivité dans le Rapport sur la politique monétaire qui sera publié en octobre.

Évolution récente de l'économie canadienne

Permettez-moi maintenant de vous parler de l'évolution de l'économie canadienne depuis la parution du Rapport sur la politique monétaire en avril. Dans ce document, nous avons dit estimer que notre économie tournait à un niveau tout juste supérieur à son plein potentiel au premier trimestre de cette année et qu'en conséquence l'inflation était plus élevée qu'escompté. Nous prévoyions aussi que l'économie canadienne, compte tenu d'une progression annuelle moyenne attendue du PIB réel de 2,2 % cette année, redescendrait au niveau de la production potentielle au deuxième semestre. Nous nous attendions par ailleurs à ce que l'inflation mesurée par l'indice de référence retourne à la cible de 2 % en 2008, et l'inflation mesurée par l'IPC global, d'ici le milieu de cette année-là.

Depuis, l'évolution économique dans le reste du monde a été essentiellement conforme aux attentes que nous avions en avril. Cependant, la croissance économique au Canada a été plus robuste qu'escompté. De fait, les comptes nationaux indiquent une progression de 3,7 % au premier trimestre de cette année, soit plus d'un point de pourcentage au-dessus du taux estimé dans le Rapport. On juge donc maintenant que le rythme d'expansion de l'économie dépasse davantage que prévu celui de la production potentielle.

L'inflation au Canada a aussi été plus élevée que ce que nous avions anticipé en avril. Le taux d'accroissement des prix des services continue à dépasser nettement 2 %, tandis que celui des biens, en particulier des biens semi-durables, se situe à un niveau supérieur aux attentes. Cette vigueur pourrait être due en partie à des facteurs temporaires. Quoi qu'il en soit, il y a un risque accru que l'inflation future se maintienne au-dessus de la cible de 2 %.

Le scénario de référence que nous avons présenté dans la livraison d'avril du Rapport se fondait sur un certain nombre d'hypothèses, dont celle que le taux de change du dollar canadien se maintiendrait à l'intérieur d'une fourchette de 86,5 à 89,5 cents É.-U. Mais depuis, le cours du dollar canadien a évolué bien au-dessus de cette fourchette. Il a effectivement affiché une tenue beaucoup plus forte par rapport au dollar américain que toute autre grande devise depuis la publication du Rapport d'avril. Cette appréciation tient vraisemblablement dans une large mesure à des facteurs tels que la vigueur de la demande de biens et de services canadiens, la fermeté soutenue des prix des produits de base et les perspectives favorables concernant la croissance de l'économie canadienne. Toutefois, au cours de cette période, la réaction globale du dollar canadien à ces facteurs semble avoir été plus vive que ce à quoi on se serait attendu compte tenu de l'évolution passée de notre monnaie.

Donc, depuis avril, nous avons observé deux choses : un risque accru d'une hausse de l'inflation future et une appréciation du dollar canadien qui semble avoir été plus forte que ne le laissait augurer son comportement passé. À notre dernière date d'annonce préétablie, nous avons dit « qu'une certaine hausse du taux cible du financement à un jour pourrait s'avérer nécessaire dans un proche avenir pour ramener l'inflation au niveau visé ». Dans nos préparatifs en vue de la prochaine annonce, fixée au 10 juillet, nous examinerons toutes les données disponibles. De plus, dans la Mise à jour du Rapport sur la politique monétaire, qui paraîtra le 12 juillet, nous publierons une analyse actualisée de nos perspectives en matière de croissance et d'inflation, y compris les tendances et les risques.

Conclusion

Permettez-moi maintenant de conclure. Le vieillissement de la population canadienne suscite de l'intérêt depuis un certain nombre d'années. Mais comme les baby-boomers les plus âgés commencent à partir à la retraite, il ne s'agit plus d'une notion abstraite pour les décideurs. Le ralentissement prévu de la croissance tendancielle du facteur travail entraîne des conséquences réelles pour la conduite de la politique monétaire. Ce ralentissement implique une progression plus faible de la production potentielle. Et si le taux d'accroissement tendanciel de la productivité demeure inchangé, les pressions inflationnistes peuvent commencer à apparaître à un taux de croissance économique inférieur.

Que devraient faire les décideurs? Premièrement, nous devrions minimiser les restrictions qui nuisent à la mobilité de la main-d'oeuvre et à la participation au marché du travail, de manière à éliminer les obstacles artificiels qui empêchent les gens qui veulent travailler de le faire. Deuxièmement, nous devrions nous employer à faire augmenter la productivité, pour favoriser une expansion durable de l'économie et un meilleur niveau de vie dans l'avenir. Enfin, pour ce qui est de la Banque du Canada, nous devrons continuer de tenir compte de l'évolution du marché canadien du travail alors que nous poursuivons la mise en oeuvre de la politique monétaire de façon à maintenir l'inflation à un niveau bas, stable et prévisible.