Monsieur le Président, distingués membres du Comité, bonjour.

Permettez-moi tout d'abord de dire combien j'ai apprécié la possibilité qui m'a été donnée, au cours des sept dernières années, de venir, deux fois l'an, rencontrer ce comité. Les discussions que Paul et moi avons eues avec vous ont été des plus précieuses pour la Banque du Canada. J'espère que vous les avez trouvées tout aussi utiles et que ces séances régulières se poursuivront longtemps après que j'aurai quitté la Banque.

Notre rencontre d'aujourd'hui a lieu alors que nous venons tout juste de publier ce matin la dernière livraison de la Revue du système financier. Cependant, il s'est déjà écoulé un certain temps depuis la parution du Rapport sur la politique monétaire d'octobre. J'aimerais néanmoins commencer en vous exposant les prévisions économiques établies par la Banque à ce moment-là. J'aborderai ensuite les événements survenus depuis, ainsi que l'évaluation que nous faisons actuellement des risques entourant les perspectives.

Les prévisions formulées en octobre sont résumées dans les Tableaux 1 à 3 du Rapport sur la politique monétaire. En octobre, la Banque s'attendait à ce que la vive progression de l'économie mondiale se poursuive en 2008 et 2009, malgré une forte révision à la baisse du taux d'expansion prévu pour l'an prochain aux États-Unis. La projection concernant la croissance mondiale est résumée au Tableau 1.

Au Canada, la Banque entrevoyait un ralentissement de l'expansion économique au quatrième trimestre de cette année et durant la première moitié de 2008, suivi d'un certain renforcement. Comme vous pouvez le voir au Tableau 2, on s'attendait à ce que la vigueur de la demande intérieure finale se maintienne tout au long de la période de projection, mais que les exportations nettes soient sensiblement en baisse. Ces prévisions tenaient compte du ralentissement de la croissance aux États-Unis et de l'appréciation du dollar canadien, dont on supposait qu'il se négocierait en moyenne à 98 cents É.-U. durant la période de projection. La Banque prévoyait que l'inflation culminerait au quatrième trimestre de cette année avant de revenir à la cible de 2 % vers le milieu de 2008, comme l'indique le Tableau 3.

Dans ce contexte, la Banque a laissé inchangé le taux cible du financement à un jour à 4 1/2 % le 16 octobre, et estimait que les risques entourant les perspectives étaient relativement équilibrés, les risques à la baisse étant peut-être légèrement prépondérants.

Je passerai maintenant à l'évolution de la situation depuis octobre. L'économie canadienne continue de fonctionner au-dessus de sa capacité de production. Étant donné le dynamisme de la demande intérieure et la faible croissance de la productivité, des risques à la hausse pèsent encore sur la projection de la Banque relative à l'inflation.

En revanche, d'autres événements survenus depuis octobre donnent à penser que les risques à la baisse entourant la projection de la Banque au sujet de l'inflation ont augmenté. Les difficultés qu'éprouvent les marchés financiers mondiaux, liées à l'évaluation des produits structurés et aux pertes anticipées sur les prêts hypothécaires à risque aux États-Unis, se sont aggravées depuis la mi-octobre. Ces difficultés devraient persister plus longtemps qu'on ne l'avait d'abord prévu. Dans ces circonstances, le coût du financement pour les banques s'est accru à l'échelle internationale et au Canada, et les conditions du crédit se sont resserrées davantage. Les risques planant sur les perspectives d'évolution de la demande d'exportations canadiennes se sont accentués en raison de l'assombrissement des perspectives de l'économie américaine, en particulier dans le secteur du logement.

Compte tenu de tous ces facteurs, la Banque juge que la résultante des risques associés à la projection publiée en octobre au sujet de l'inflation jusqu'à la fin de 2009 s'inscrit maintenant en baisse. À la lumière de ce changement, la Banque a décidé d'abaisser le taux cible du financement à un jour à sa date d'annonce préétablie, mardi. Lors de sa prochaine décision concernant le taux directeur, en janvier, la Banque évaluera l'évolution économique et financière dans son ensemble ainsi que la résultante des risques. La Mise à jour du Rapport sur la politique monétaire, qui paraîtra le 24 janvier 2008, contiendra une projection actualisée complète sur l'économie et l'inflation.

Monsieur le Président, Paul et moi nous ferons maintenant un plaisir de répondre à vos questions.