La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1/4 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 1/2 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 1/4 %.

La croissance économique mondiale a été un peu plus forte que prévu, l’activité s’accélérant de façon notable dans les économies de marché émergentes. Les mesures exceptionnelles de relance monétaire et budgétaire continuent de procurer un soutien important dans bon nombre de pays. On s’attend toujours à ce que la reprise soit relativement modeste au sein des grandes économies avancées, compte tenu de l’assainissement des bilans en cours et du retrait graduel des stimulants budgétaires qui débutera plus tard cette année. Malgré les progrès récents, une incertitude considérable demeure quant à la durabilité de la reprise mondiale.

Au Canada, la reprise économique se révèle un peu plus rapide que la Banque ne l’entrevoyait dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier. Le profil de croissance montre une expansion plus prononcée dans sa phase initiale que celui qui a été présenté en janvier. La Banque estime maintenant que le rythme de progression de l’économie atteindra 3,7 % en 2010 avant de ralentir et de s’établir à 3,1 % en 2011 et à 1,9 % en 2012.

Ce profil reflète la croissance plus forte à court terme à l’échelle mondiale, le fort dynamisme du marché de l’habitation au Canada et l’opinion de la Banque selon laquelle les mesures de relance ont donné lieu à un devancement à la fin de 2009 et au début de 2010 d’un plus grand volume de dépenses que prévu. Parallèlement, la vigueur persistante du dollar canadien, la piètre tenue du pays au chapitre de la productivité relative et le bas niveau de la demande américaine, en chiffres absolus, continueront de freiner considérablement l’activité économique au Canada. La Banque s’attend à ce que l’économie retourne à son plein potentiel au deuxième trimestre de 2011.

Les perspectives de l’inflation reflètent les influences conjuguées de la demande intérieure plus robuste, du ralentissement de la progression des salaires et de l’offre excédentaire au sein de l’économie. L’inflation mesurée par l’indice de référence, qui est légèrement supérieure aux prévisions de janvier, devrait reculer quelque peu au deuxième trimestre de 2010, à mesure que l’effet des facteurs temporaires se dissipera, et continuer à avoisiner 2 % jusqu’à la fin de la période de projection. L’inflation mesurée par l’IPC global devrait se situer légèrement au-dessus de 2 % au cours de la prochaine année, avant de regagner la cible au second semestre de 2011.

En réaction à la récession prononcée et synchronisée à l’échelle du globe, la Banque a abaissé rapidement le taux cible du financement à un jour en 2008 et au début de 2009 pour l’établir au plus bas niveau possible. Grâce à l’engagement conditionnel qu’elle a pris en avril 2009, elle a aussi donné des indications extraordinaires quant à la trajectoire probable du taux directeur. Cette politique non traditionnelle a fourni une impulsion additionnelle considérable pendant une période marquée par une conjoncture économique très défavorable et des risques importants à la baisse pesant sur l’économie mondiale et l’économie canadienne. À la faveur de l’amélioration récente des perspectives économiques, ces politiques exceptionnelles deviennent moins nécessaires et il convient de commencer à atténuer la détente monétaire en place. L’ampleur et le moment où cela se produira seront fonction des prévisions concernant l’activité économique et l’inflation et seront compatibles avec la réalisation de la cible d’inflation de 2 %.

Conformément à la fin de son engagement conditionnel, la Banque n’offrira pas d’autres prises en pension à plus d’un jour.

Note d’information

Le Rapport sur la politique monétaire que la Banque publiera le 22 avril 2010 contiendra la nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes. La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 1er juin 2010.