Les auteures étudient le comportement d’acheteurs qui ne peuvent observer les prix affichés qu’après leur appariement à un vendeur, dans le cadre d’un modèle théorique de prospection monétaire caractérisé par la divisibilité de la monnaie et des biens. Les préférences des acheteurs, considérés a priori comme homogènes, font l’objet de chocs durant les rencontres bilatérales avec le vendeur. Ces chocs suivent une loi de distribution continue et leur réalisation constitue une information connue des seuls acheteurs. Les auteures montrent qu’il existe de façon générale un équilibre monétaire unique pour les prix affichés. À l’équilibre, chaque vendeur affiche une série continue de prix assortis de rabais sur les quantités. Les acheteurs ne dépensent que si leurs préférences sont suffisamment fortes, et plus leurs préférences s’élèvent, plus ils consomment, jusqu’à épuisement de leurs fonds. Puisque l’inflation diminue le pouvoir d’achat futur ainsi que l’intérêt qu’il y a à conserver de l’argent, les acheteurs sont portés à dépenser plus rapidement lorsque l’inflation augmente. En particulier, un plus grand nombre d’acheteurs décident de dépenser et ils dépensent en moyenne une part accrue de la monnaie en leur possession. Le modèle parvient à recréer l’effet de délestage causé par la hausse de l’inflation, tant dans sa dimension intensive que dans sa dimension extensive.