La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 1 1/4 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 3/4 %.

L’incertitude entourant les perspectives d’évolution de l’économie mondiale s’est accrue depuis la publication de la livraison d’octobre du Rapport sur la politique monétaire (RPM). Les conditions se sont détériorées sur les marchés financiers internationaux alors que la crise de la dette souveraine en Europe s’est aggravée. Des mesures additionnelles devront être prises afin de contenir la crise européenne. La Banque s’attend maintenant à ce que la récession en Europe soit plus prononcée qu’elle ne l’avait anticipé en octobre, en raison de la réduction accrue du levier d’endettement et du resserrement des conditions financières, ainsi que de l’austérité budgétaire et des réformes structurelles qui s’imposent.

Les données économiques récentes indiquent que la croissance aux États-Unis a été un peu plus robuste qu’escompté, en grande partie grâce à la vigueur persistante des dépenses de consommation et des investissements des entreprises. Néanmoins, la réduction du levier d’endettement des ménages, l’assainissement budgétaire et les retombées négatives de la crise européenne devraient ralentir la croissance aux États-Unis. L’expansion en Chine et dans les autres économies émergentes est toujours forte, même si des signes portent à croire qu’elle est en train de passer à un rythme plus soutenable, en réaction à la demande extérieure plus faible et aux effets retardés du resserrement passé des politiques.

Dans l’ensemble, les récents indicateurs économiques au Canada laissent entrevoir qu’au deuxième semestre de l’année, la croissance est légèrement plus forte que la Banque ne l’avait projeté en octobre. Les dépenses des ménages sont plus dynamiques que prévu et les investissements des entreprises demeurent solides. Dans l’avenir, l’affaiblissement des perspectives à l’étranger devrait modérer l’expansion du PIB au Canada par la voie des liens financiers, de la confiance et des échanges commerciaux. En outre, l’économie est toujours confrontée à des problèmes sur le plan de la compétitivité, en particulier la vigueur persistante du dollar canadien.

Même si l’inflation mesurée par l’IPC global a été un peu plus élevée qu’escompté, la Banque s’attend encore à ce que le taux d’inflation recule sous l’effet de la réduction des pressions exercées par les prix des aliments et de l’énergie, et de la présence continue de l’offre excédentaire dans l’économie. L’inflation mesurée par l’indice de référence a aussi été un peu plus élevée que prévu et devrait baisser dans un contexte où l’écart de production persistera pendant une bonne partie de 2013.

Compte tenu de tous ces facteurs, la Banque a décidé de maintenir le taux cible du financement à un jour à 1 %. Comme le taux d’intérêt cible se situe près de creux historiques et que le système financier fonctionne bien, la détente monétaire en place au Canada est considérable. La Banque continuera à suivre de près la situation économique et financière au pays et à l’étranger, de même que l’évolution des risques, et à établir la politique monétaire de façon à atteindre la cible d’inflation de 2 % à moyen terme.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 17 janvier 2012. Le RPM que la Banque publiera le 18 janvier 2012 contiendra la nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes.