La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 1 1/4 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 3/4 %.

L’évolution de l’économie mondiale a été largement conforme aux projections de la Banque énoncées dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) de juillet. L’économie américaine croît à un rythme graduel. L’Europe est en récession, et les indicateurs récents donnent à penser que la contraction se poursuit. En Chine et dans les autres grandes économies émergentes, la croissance a décéléré un peu plus vite que prévu, bien qu’on observe des signes de stabilisation autour des taux d’expansion actuels. Malgré le ralentissement de l’activité à l’échelle du globe, les cours du pétrole et des autres matières premières que produit le Canada ont augmenté, en moyenne, ces derniers mois. La conjoncture financière mondiale s’est améliorée, sous l’effet des mesures de politique énergiques prises par des grandes banques centrales, mais le climat demeure fragile.

Au Canada, bien que les vents contraires extérieurs continuent de freiner l’activité économique, des facteurs internes soutiennent une croissance modérée. Après avoir progressé à un rythme inférieur à celui de son potentiel récemment, l’économie devrait se raffermir et tourner de nouveau à plein régime d’ici la fin de 2013. La Banque continue d’anticiper que l’expansion sera principalement alimentée par la hausse de la consommation et des investissements des entreprises, à la faveur des conditions financières très expansionnistes au pays. On s’attend à ce que l’activité dans le secteur du logement, qui a grimpé à des niveaux historiquement élevés, connaisse un déclin, alors que le fardeau de la dette des ménages devrait continuer d’augmenter avant de se stabiliser d’ici la fin de la période de projection. Les exportations canadiennes devraient se redresser progressivement mais demeurer inférieures au sommet atteint avant la récession jusqu’à la première moitié de 2014, compte tenu de la faiblesse de la demande étrangère et des défis qui subsistent sur le plan de la compétitivité. Ces défis comprennent la vigueur persistante du dollar canadien, dont le cours est influencé par les mouvements vers les valeurs refuges et les retombées de la politique monétaire mondiale.

Ayant pris en compte les révisions apportées aux comptes nationaux, la Banque prévoit que l’économie progressera de 2,2 % en 2012, de 2,3 % en 2013 et de 2,4 % en 2014.

L’inflation mesurée par l’indice de référence a été inférieure aux prévisions ces derniers mois, ce qui tient aux prix un peu plus bas de toute une gamme de biens et services. Elle devrait remonter graduellement au cours des prochains trimestres et atteindre 2 % d’ici le milieu de 2013, la faible marge de capacités inutilisées présente actuellement au sein de l’économie se résorbant graduellement, la croissance de la rémunération du travail demeurant modérée et les attentes d’inflation restant bien ancrées. L’inflation mesurée par l’IPC global, qui a glissé sensiblement en deçà de la cible de 2 %, comme prévu, devrait retourner à la cible d’ici la fin de 2013, soit un peu plus tard qu’escompté précédemment.

Compte tenu de tous ces facteurs, la Banque a décidé de maintenir le taux cible du financement à un jour à 1 %. Au fil du temps, une réduction modeste de la détente monétaire sera probablement nécessaire, de façon à atteindre la cible d’inflation de 2 %. Le moment et le degré de toute réduction seront évalués avec soin, en fonction de l’évolution économique à l’échelle internationale et nationale, y compris l’évolution des déséquilibres dans le secteur des ménages.

Note d’information

 

Le RPM que la Banque publiera le 24 octobre 2012 contiendra la nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes. La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 4 décembre 2012.