La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 1 1/4 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 3/4 %.

La croissance de l’économie mondiale a évolué essentiellement comme la Banque l’avait prévu dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) de janvier. Aux États-Unis, l’expansion se poursuit à un rythme modeste, le renforcement graduel de la demande privée étant contrebalancé en partie par l’accélération de l’assainissement budgétaire. Les autorités ont procédé à un important assouplissement des politiques au Japon. Par contre, l’Europe demeure en récession, l’activité économique étant bridée par l’austérité budgétaire, le bas niveau de la confiance et les conditions du crédit restrictives. Après s’être redressée pour s’établir à un rythme très vigoureux au second semestre de 2012, la croissance a ralenti en Chine. Les prix des produits de base touchés par les producteurs canadiens restent à des niveaux historiquement élevés et ont, dans l’ensemble, peu varié depuis janvier. La Banque prévoit que le rythme de progression de l’économie mondiale sera modeste en 2013, avant de s’accroître au cours des deux années suivantes.

Après la faiblesse affichée au second semestre de 2012, la croissance économique au Canada devrait reprendre de la vigueur tout au long de 2013 à la faveur d’un redressement des exportations nettes et d’un retour à un rythme d’expansion plus solide des investissements des entreprises. Les dépenses de consommation devraient progresser à une cadence modérée au cours de la période de projection, alors que l’investissement résidentiel devrait diminuer encore par rapport aux niveaux historiquement élevés atteints précédemment. La croissance de l’ensemble des crédits aux ménages a ralenti, et la Banque continue de s’attendre à ce que le ratio de la dette au revenu des ménages se stabilise près des niveaux actuels. Malgré la reprise projetée des exportations, celles-ci resteront probablement en deçà de leur sommet d’avant la récession jusqu’au second semestre de 2014, en raison de la demande étrangère contenue et des défis qui subsistent sur le plan de la compétitivité, y compris la vigueur persistante du dollar canadien.

Sur une base trimestrielle, la croissance devrait se redresser au Canada pour se chiffrer à environ 2,5 % au second semestre de 2013. Malgré ce redressement attendu, étant donné la faiblesse enregistrée au deuxième semestre de 2012, la Banque prévoit maintenant que la croissance s’établira à 1,5 % en moyenne annuelle en 2013. L’économie devrait ensuite progresser de 2,8 % en 2014 et de 2,7 % en 2015 et atteindre son plein potentiel au milieu de 2015, soit plus tard que prévu dans le RPM de janvier.

L’inflation mesurée par l’IPC global et par l’indice de référence est restée à un bas niveau ces derniers mois, ce qui est en gros conforme aux attentes formulées en janvier. Le faible rythme d’accroissement de l’indice de référence reflète l’offre excédentaire notable au sein de l’économie, les pressions concurrentielles accrues chez les détaillants et certains facteurs spéciaux, notamment une progression plus lente des prix réglementés et l’incidence des diminutions passées des prix agricoles sur les prix à la consommation. L’inflation mesurée par l’IPC global a été limitée par le bas niveau de l’inflation mesurée par l’indice de référence et par la baisse des coûts d’intérêt hypothécaire, qui ont été en partie compensés par le renchérissement de l’essence.

L’inflation mesurée par l’IPC global et l’inflation mesurée par l’indice de référence devraient demeurer modérées au cours des prochains trimestres avant de remonter graduellement à 2 % d’ici le milieu de 2015, alors que l’économie retourne à son plein potentiel, que les facteurs spéciaux qui freinent l’accroissement de l’indice de référence se dissipent et que les attentes d’inflation restent bien ancrées.

Compte tenu de tous ces facteurs, la Banque a décidé de maintenir le taux cible du financement à un jour à 1 %. Comme l’économie canadienne continue d’afficher des capacités inutilisées, que les perspectives en matière d’inflation sont modérées et que l’évolution des déséquilibres dans le secteur des ménages est constructive, la détente monétaire considérable en place actuellement demeurera probablement appropriée pendant un certain temps, après quoi une réduction modeste sera probablement nécessaire, de façon à atteindre la cible d’inflation de 2 %.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 29 mai 2013. La nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes seront publiées dans le RPM que la Banque fera paraître le 17 juillet 2013.