Cochrane et Piazzesi (2005) montrent que les taux à terme retardés améliorent la prévisibilité des rendements obligataires en complétant l’apport des taux à terme courants, et qu’un modèle markovien des taux à terme ne peut produire le profil de prévisibilité des rendements annuels. Ces résultats compliquent la tâche des modèles dynamiques de la structure par terme (DTSM) de type markovien. Nous construisons des DTSM nouveaux, où la dynamique de la moyenne conditionnelle dépend des taux courants et passés. De manière empirique, nous constatons que les taux passés contribuent aux variations cycliques de la prime de risque, que le modèle offre de meilleures prévisions des rendements et que ses coefficients avoisinent les résultats des régressions effectuées sur les rendements de long terme, prolongeant l’étude de Cochrane et Piazzesi. Comparativement au modèle standard, la décomposition des taux diffère sensiblement : la composante des anticipations diminue moins durant une récession et s’accroît moins en période de reprise. La présence dans les taux d’un facteur de risque markovien « caché » dans les erreurs de mesure ne peut rendre compte entièrement du phénomène.