Au moyen d’un nouvel ensemble de données sur les mesures de contrôle des capitaux adoptées dans 17 économies de marché émergentes au cours de la période 2001-2011, les auteurs apportent un éclairage inédit sur les effets nationaux et multilatéraux (effets de débordement) des contrôles de capitaux. Les résultats obtenus en utilisant un modèle vectoriel autorégressif estimé sur des données de panel tendent à montrer que les mesures de contrôle des capitaux ont eu une incidence limitée sur les variables du triangle d’incompatibilité de Mundell, parce que les mouvements de capitaux des résidents contrebalancent les flux provenant des non-résidents et que les économies émergentes offrent de grandes possibilités d’investissement. Ces résultats font ressortir l’importance du contexte macroéconomique et le rôle de plus en plus évident des flux induits par les résidents dans la compréhension des déterminants de l’efficacité des mesures de gestion des entrées de capitaux. Le resserrement du contrôle des flux entrants par les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) a engendré des effets de débordement marqués, par le biais des prêts bancaires et des taux de change, tout particulièrement après 2008 alors que les liquidités abondaient à l’échelle mondiale. Ces effets auraient été plus fortement ressentis dans les BRICS et en Amérique latine. Il est à souligner que les résultats ne sont pas sensibles aux spécifications retenues.