Dans cette étude, les auteurs cherchent à déterminer, à partir d’un nouvel ensemble de données sur les États américains, si la dette des ménages et le long processus d’assainissement de leurs bilans comptent parmi les facteurs explicatifs de la croissance anémique de la consommation observée aux États-Unis depuis 2007, à la suite de l’éclatement de la bulle immobilière. Ils opèrent une distinction entre la réduction du levier d’endettement – un effet de flux – et le surendettement – un effet de stock – et constatent que le poids excessif de la dette des ménages a exercé un effet modérateur significatif sur la consommation, en plus du frein exercé par les effets de revenu et de richesse. L’incidence globale est cependant légère – elle équivaut à environ un sixième du ralentissement de la consommation enregistré sur les périodes de 2000-2006 et 2007- 2012 – et est surtout attribuable aux États américains où les déséquilibres dans le secteur de ménages étaient particulièrement importants. Ce résultat pourrait signaler l’existence de non-linéarités, à savoir que la consommation ne commence à pâtir de l’endettement des ménages qu’à partir du moment où les écarts par rapport à une dynamique soutenable de la dette deviennent trop grands.