Deux formes de risque politique, à savoir l’expropriation et la corruption, constituent souvent une entrave à l’investissement étranger. Dans le présent article, nous examinons le rôle de la corruption du gouvernement dans l’investissement direct étranger lorsque les contrats ne sont pas entièrement transparents et que les investisseurs sont confrontés à la menace d’une expropriation. Grâce à un nouvel ensemble de données sur les expropriations liées à l’investissement direct étranger à l’échelle mondiale au cours de la période 1990-2014, nous mettons en évidence un lien positif entre l’étendue des protections accordées aux investisseurs étrangers et la probabilité d’expropriation dans le cas d’un gouvernement perçu comme fortement corrompu, mais cet effet n’est pas observé lorsque le taux de corruption est faible. Nous élaborons ensuite une théorie des contrats dynamiques d’investissement direct étranger faisant l’objet d’une application imparfaite. Par la suite, nous étudions l’opacité des contrats dans le cadre desquels l’expropriation est le résultat d’affaires illicites conclues avec d’anciens gouvernements. Dans ce modèle, le gouvernement du pays d’accueil gère le contrat d’investissement direct étranger pour le compte de la population qui n’est pas en mesure d’observer directement s’il s’agit d’un gouvernement honnête ou corrompu. Un gouvernement corrompu peut s’adonner à l’extraction de rentes en encourageant des investissements cachés en échange de pots-de-vin. Les occasions d’affaires illicites découlent de distorsions dans le contrat optimal lorsque la menace d’expropriation a une valeur contraignante. De surcroît, plus la probabilité que le gouvernement soit corrompu est élevée, plus la population est incitée à exproprier l’investissement direct étranger, ce qui a pour effet d’accentuer le risque pour les investisseurs. Le modèle prévoit que la probabilité d’expropriation est plus forte lorsque les intérêts du gouvernement sont moindres et que des allégations de pots-de-vin pèsent contre des fonctionnaires. Enfin, le modèle nous porte à croire qu’il existe un autre canal par l’entremise duquel la corruption réduit le flux optimal de capitaux étrangers.