La politique monétaire devrait-elle prendre une approche préventive à l’égard des booms immobiliers? Nous étudions cette question à l’aide d’un petit modèle néokeynésien à changement de régime, dans lequel la probabilité d’effondrement du marché du logement est régie par une fonction logit et dépend du niveau d’endettement des ménages. Le régime de crise est caractérisé par une prime de risque élevée pour les taux hypothécaires et, à l’occasion, une contrainte de non-négativité du taux directeur, ce qui entraîne des coûts considérables pour l’économie. Sur cette base, nous examinons le degré de prévention optimal de la politique monétaire, en intégrant à la règle de Taylor un coefficient de réaction à l’écart de l’endettement des ménages par rapport à sa valeur tendancielle. Nous constatons qu’en période normale, les coûts d’une politique monétaire préventive surpassent les avantages associés à une plus faible probabilité de crise. Cependant, bien que cette moindre probabilité fasse diminuer la volatilité au sein de l’économie, ce résultat nécessite une réduction du niveau moyen d’endettement, ce qui nuit aux emprunteurs et se traduit par un recul du bien-être global.