Dans cette étude, nous estimons un modèle à correction d’erreurs sur données de panel permettant d’analyser les provisions pour pertes sur prêts. À cette fin, nous utilisons des données prudentielles uniques sur les flux de fonds (entrées et sorties) dans les provisions pour pertes sur prêts de 25 banques des Pays-Bas après la crise de 2008. Nos recherches indiquent que ces banques visent une couverture de 49 % des prêts douteux. Toutefois, à court terme, l’ajustement des provisions apporté à la suite d’un changement dans le volume des prêts douteux ne représente que 29 % du changement. L’écart par rapport au niveau cible est réduit par deux moyens : a) en accroissant les provisions pour pertes sur prêts aux trimestres suivants, et b) en diminuant les reprises sur provisions lorsque les pertes ne se matérialisent pas. Nous constatons que l’ajustement vers le niveau cible est de 34 % et de 81 % au bout d’un trimestre et de quatre trimestres, respectivement. Nous observons des différences considérables entre les banques en ce qui concerne le moment de constituer des provisions pour les pertes dues aux prêts douteux. Nous présentons deux mesures fondées sur des modèles qui renseignent les autorités de surveillance sur l’étendue du décalage entre le comportement à court terme des banques en matière de provisionnement et leur niveau cible.