Le caractère astreignant des contraintes financières n’est souvent pas directement observable dans les ensembles de données sur les entreprises couramment utilisés (p. ex., Compustat). Dans cette étude, nous mesurons et estimons, par l’analyse d’un ensemble de données sur les petites et moyennes entreprises canadiennes, la probabilité qu’une entreprise se retrouve sous la contrainte du financement externe. Nous mesurons indépendamment le besoin de financement et le degré de contrainte, qui dépend du besoin de financement. Nous constatons également que la taille de l’entreprise, le ratio actuel de la dette à l’actif et les flux de trésorerie sont de solides indicateurs indirects de contraintes financières. Cependant, le ratio total de la dette à l’actif n’est pas un indicateur de contraintes financières statistiquement significatif. De plus, les entreprises ayant un niveau élevé de flux de trésorerie sont moins susceptibles d’avoir besoin de financement externe et, le cas échéant, de subir des contraintes. Nous estimons ensuite la productivité totale des facteurs au niveau de l’entreprise en prenant en compte la probabilité mesurée de contraintes financières astreignantes. Les estimations des coefficients du travail et du capital dans l’estimation structurelle de la fonction de production peuvent comporter un biais à la baisse si les contraintes financières ne sont pas prises en considération, car les facteurs de production ont une corrélation négative avec la probabilité de contrainte du financement externe. Il en résulte alors une surestimation de la productivité totale des facteurs, que nous évaluons à environ 4 %.