La montée en puissance du secteur des services au sein de l’économie canadienne est un processus naturel qui débouche sur la création d’emplois de haute qualité et favorise le retour à une croissance économique soutenue, a déclaré aujourd’hui le gouverneur de la Banque du Canada, M. Stephen S. Poloz.

Dans un discours prononcé devant l’Institut C.D. Howe, le gouverneur Poloz a indiqué que les progrès de la technologie et les gains de productivité ont donné lieu à la création de nouvelles branches de services. Il résulte de ce processus de destruction créatrice, en cours dans l’ensemble des économies avancées, qu’un nombre croissant de Canadiens travaillent dans le secteur des services, alors que l’emploi dans les entreprises du secteur des biens a chuté, même si la production de ce secteur n’a cessé de croître.

Selon le gouverneur, pour chaque emploi perdu dans le secteur des biens depuis 2001, environ 30 ont été créés dans celui des services. Depuis la fin de 2014, les branches de services où la croissance est la plus forte sont celles qui offrent des salaires supérieurs à la moyenne, et c’est ce qui a permis au secteur des services de tirer la croissance.

Comme l’a expliqué le gouverneur, certaines des branches les plus dynamiques sont celles de la nouvelle économie. En font partie les entreprises qui s’appuient sur les technologies de l’information pour accroître leur productivité et créer des emplois spécialisés bien rémunérés au sein de branches telles que l’intelligence artificielle et la programmation informatique personnalisée. Les résultats d’une enquête menée par la Banque auprès d’exportateurs de services de technologies de l’information, l’une des filières les plus florissantes, montrent que pratiquement toutes ces sociétés enregistrent une croissance soutenue de leurs ventes et que la plupart ont l’intention d’embaucher. « Voilà le type de création qui succède à la destruction », a déclaré le gouverneur.

L’expansion des branches de services est particulièrement importante si l’on considère que l’économie canadienne se redresse après avoir subi deux chocs majeurs : une perte de capacité exportatrice dans les années qui ont précédé et qui ont suivi la crise financière mondiale, et la chute soudaine des prix des ressources en 2014. « Ensemble, ces deux chocs ont entraîné un manque à gagner de 80 à 90 milliards de dollars pour notre économie », a affirmé M. Poloz.

Si, pour l’heure, les politiques monétaire et budgétaire soutiennent la reprise de l’économie, le secteur des services apportera une contribution de plus en plus grande à la croissance dans les années à venir. Le gouverneur estime que nous sommes en bonne position pour combler ce manque à gagner. « Je suis fermement convaincu que l’expansion continue de notre secteur des services indique la voie d’une reprise économique complète et le retour d’une croissance naturelle soutenue », a conclu le gouverneur.