Nous montrons que la structure des syndicats financiers influe fortement sur la renégociation des emprunts. Les syndicataires chefs de file qui conservent d’importantes participations ont une incidence positive sur les renégociations. À l’inverse, des syndicats diversifiés rendent la renégociation moins probable, mais uniquement lorsqu’elle concerne des lignes de crédit. L’influence des syndicataires s’explique par la théorie des problèmes de coordination. L’effet étonnant de la diversité des syndicats financiers sur la renégociation des emprunts à terme trouve son origine dans la croissance des fonds de titres adossés à des prêts sur le marché des crédits consortiaux et dans la coordination entre ces véhicules et les syndicataires chefs de file. Lorsqu’ils ont une relation avec les syndicataires chefs de file, les fonds sont plus nettement favorables à une augmentation du montant des crédits renégociés, sans doute parce que cette hausse leur offre des possibilités de placement intéressantes. Ces fonds financent non seulement leur part de la hausse des crédits, mais aussi la part que le syndicataire chef de file est censé assumer. Nos constats mettent en évidence le rôle jusqu’alors méconnu des prêteurs non bancaires, qui découle de leur présence grandissante sur le marché du crédit aux grandes entreprises.