L’économie du Canada et celle du Mexique présentent des similitudes qui placent les deux pays en bonne position pour surmonter les défis mondiaux et tirer profit des occasions, a déclaré aujourd’hui le gouverneur de la Banque du Canada, M. Stephen S. Poloz.

Dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Canada au Mexique et le Club de Industriales, le gouverneur a montré qu’en raison de ces similitudes – notamment l’approche commune en matière de politique monétaire et l’importance de certains secteurs comme le secteur pétrolier et celui de l’automobile –, les deux économies ont été touchées à peu près de la même façon par les perturbations mondiales.

L’effondrement des prix du pétrole qui a commencé au deuxième semestre de 2014 a entraîné une perte très importante de revenu pour les deux pays, a expliqué le gouverneur. Les saines politiques économiques mises en œuvre par ces derniers leur ont toutefois permis de s’adapter. « Assurément, la prévisibilité et la certitude qui découlent du ciblage de l’inflation ont aidé l’économie canadienne à réagir aussi rapidement qu’elle l’a fait, a-t-il dit. Le régime de ciblage de l’inflation du Mexique a en outre contribué à rendre l’économie mexicaine relativement résiliente au choc. »

Le Canada et le Mexique doivent à présent composer avec une même difficulté, l’incertitude entourant l’avenir de la politique de commerce extérieur des États-Unis, compte tenu surtout de l’importance de ce marché pour les deux économies. « Cette incertitude a des conséquences bien réelles pour les entreprises, a affirmé M. Poloz. Comme les douloureux souvenirs de la crise financière mondiale sont encore frais, il n’est guère étonnant que les entreprises continuent d’hésiter à se lancer dans des projets d’expansion. »

Le gouverneur a appelé les chefs d’entreprise et les dirigeants syndicaux à aider les décideurs à combattre l’incertitude en montrant comment le commerce ouvert et l’intégration économique ont favorisé la création d’emplois dans toute l’Amérique du Nord. « Nous savons qu’au bout du compte, tout le monde perd avec le protectionnisme, y compris le pays imposant ces mesures, a-t-il fait remarquer. Et l’incertitude entourant la menace d’une montée du protectionnisme freine la croissance. »

M. Poloz a également cité différentes façons dont les deux pays peuvent soutenir la croissance et l’emploi, notamment en concluant des accords de libre-échange avec des pays à l’extérieur du continent nord-américain – un domaine dans lequel le Mexique jouit d’une importante longueur d’avance sur le Canada – et en mettant en place des mesures nationales d’amélioration structurelle. « En plus de prôner l’ouverture des marchés, les gouvernements peuvent mettre en œuvre des politiques structurelles qui confèrent le plus de flexibilité possible à nos économies », a-t-il précisé.

« Des obstacles se sont dressés devant nous auparavant, et nous les avons surmontés, a conclu le gouverneur. La détermination commune du Canada et du Mexique à l’ouverture des échanges signifie que nos deux pays sont bien placés pour prospérer, quel que soit le contexte international. »