Dans quelle mesure les décideurs pourraient-ils se tromper en recourant à des solutions linéarisées plutôt qu’à des solutions mondiales non linéaires pour leurs modèles macroéconomiques? Cette question a suscité un grand intérêt sur le plan pratique pendant la Grande Récession et la crise récente liée à la borne du zéro. Nous évaluons l’importance des non-linéarités dans une version simplifiée du modèle TOTEM (pour Terms-of-Trade Economic Model), principal modèle de projection et d’analyse des politiques à la Banque du Canada. À partir d’un modèle que nous appelons « bébé-TOTEM » (calibré avec minutie et doté de 21 variables d’état), nous constatons que dans le cas du tout dernier épisode où les taux d’intérêt nominaux se situaient à leur valeur plancher au Canada, les solutions locales et mondiales ont des implications qualitatives similaires. Nous en concluons que l’analyse de la Banque du Canada ne gagnerait pas beaucoup à privilégier les méthodes non linéaires mondiales par rapport à une simple méthode de linéarisation, enrichie pour tenir compte des effets contraignants occasionnels. Toutefois, nous faisons également le constat que même des changements mineurs apportés aux hypothèses du modèle, comme une modification de la condition finale, peuvent rendre les non-linéarités importantes sur le plan quantitatif.