Nous montrons a) que la confiance des entreprises, telle qu’elle est captée par les données d’enquête, est une considération importante pour les décisions des autorités monétaires canadiennes et b) comment les perspectives des firmes sont influencées par les chocs de politique monétaire. Les résultats montrent que les indicateurs de la confiance des entreprises (données qualitatives) ont un pouvoir explicatif significatif, nonobstant l’inclusion des variables types de la règle de Taylor. Selon que le niveau de confiance révélé par les enquêtes soit élevé ou non, les résultats conduisent à un relèvement ou à un abaissement du taux directeur sur la période à l’étude (2001-2016). Nous étudions aussi les effets des chocs de politique monétaire sur les perspectives d’activité des entreprises en nous appuyant sur l’enquête trimestrielle de la Banque du Canada, Enquête sur les perspectives des entreprises. Les chocs monétaires correspondent aux résidus estimés de la règle de Taylor. Globalement, les résultats cadrent avec les effets qualitatifs des chocs de politique monétaire décrits dans la littérature. Par exemple, après un resserrement inattendu de la politique monétaire, les entreprises font état au bout d’un an (ou plus) d’un durcissement des conditions de prêt, ainsi que d’un ralentissement de la croissance future des ventes, des salaires et des prix des extrants. Ces résultats sont analogues sur le plan qualitatif, que les chocs soient tirés d’une règle classique de Taylor (données quantitatives) ou d’une règle de Taylor différente (données qualitatives).