Selon une étude récente, la rigidité à la baisse des salaires nominaux (RBSN) sur le marché canadien du travail aurait pris de l’ampleur à la suite de la récession de 2008‐2009 (voir Brouillette, Kostyshyna et Kyui, 2016). Dans la présente note, les auteurs examinent si la RBSN peut entraîner un arbitrage à long terme entre l’inflation et le chômage, surtout en contexte de bas taux d’inflation, une question qui a d’importantes implications pour le niveau d’inflation optimal à long terme. Les résultats portent à croire que l’arbitrage entre le chômage et l’inflation demeure faible malgré l’augmentation estimée de la RBSN. En particulier, la courbe de Phillips à long terme est presque verticale lorsque les taux d’inflation sont établis à 2 % ou plus, ce qui concorde avec les conclusions d’une étude antérieure (Crawford et Wright, 2001). Par conséquent, si le taux d’inflation à long terme augmentait pour passer de 2 à 3 %, le taux de chômage diminuerait d’environ 0,1 à 0,2 point de pourcentage. Dans l’ensemble, les résultats donnent à penser que le relèvement de la cible d’inflation afin d’atteindre à long terme un niveau de chômage plus bas est assez peu avantageux.