La croissance de l’investissement des entreprises a fortement ralenti dans les économies avancées depuis 2012 : elle se situe en moyenne à tout près de 2 %, contre 4 % avant la crise. Plusieurs études récentes ont expliqué la faiblesse de l’investissement des entreprises en attribuant un rôle prépondérant aux facteurs cycliques, notamment l’incidence d’une demande globale modérée et, à un moindre degré, le rôle joué par l’incertitude accrue et le resserrement des conditions de financement. Tranchant avec ces conclusions, nous montrons que des facteurs structurels offrent une autre explication à la faiblesse des dépenses d’investissement des entreprises canadiennes. En conséquence, il est possible que cette faiblesse persiste beaucoup plus longtemps que ne le laissent transparaître les interprétations cycliques. Globalement, le vieillissement démographique et deux facteurs de nature potentiellement structurelle — la croissance limitée de la productivité et l’effondrement des cours du pétrole en 2014-2015 — ensemble pourraient, plausiblement, faire baisser le ratio de l’investissement à la production jusqu’à 2 points de pourcentage d’ici 2020 par rapport à la moyenne de 12 % enregistrée depuis 2000, ou de 0,9 point de pourcentage supplémentaire par rapport à la valeur du ratio en 2016. Cette diminution aurait des répercussions importantes sur les perspectives de croissance de l’économie.