À la lumière de la crise financière et de ses répercussions, plusieurs économistes ont soutenu que les banques centrales appliquant un régime de ciblage de l’inflation devraient revoir le niveau de leur cible d’inflation. Même si le niveau optimal reste à déterminer, il importe de noter que toute transition vers une nouvelle cible comporterait certains coûts. Dans cette étude, nous nous penchons sur l’un des aspects de ces coûts, à savoir les effets de redistribution liés au fait que les contrats financiers sont souvent libellés en termes nominaux et verraient du coup leur valeur réelle changer à la suite de l’annonce de la nouvelle cible. Nous nous servons de données canadiennes sur la distribution des actifs et des passifs nominaux pour prédire la redistribution de la richesse – tant entre secteurs qu’entre cohortes démographiques – qui découlerait d’une hausse permanente de un point de pourcentage du taux d’inflation. Nous observons qu’un tel redressement engendrerait une redistribution importante de la richesse du secteur des ménages vers celui des administrations publiques, principalement par la réduction de la valeur réelle des obligations d’État et des pensions non indexées. Les pertes ne sont toutefois pas réparties également dans le secteur des ménages, une part disproportionnée étant supportée par les ménages de classe moyenne et ceux plus fortunés. Nous utilisons également un modèle macroéconomique afin d’évaluer les conséquences possibles pour la production et constatons que ces dernières dépendent fortement de l’utilisation que l’État ferait de ces gains inattendus.