Cette étude montre que les variations de la peur d’événements extrêmes parmi les acteurs des marchés, inférées à partir des options sur le pétrole brut, contribuent à expliquer la volatilité des cours pétroliers et aident à prévoir les rendements des instruments du marché pétrolier. En nous fondant sur des données couvrant une période de 25 ans, nous trouvons que les primes élevées liées au risque extrême fluctuent sensiblement dans le temps et permettent de prévoir pour une large part les cours à terme et au comptant du pétrole brut. Les cours à terme du pétrole augmentent (diminuent), dans un contexte influencé par la peur d’une évolution haussière (baissière) des prix, pour aboutir à des rendements plus faibles (ou plus hauts). Dans le cas des cours au comptant, cette hausse (ou baisse) est amplifiée par les avantages (variables dans le temps) associés à la détention de stocks réels de pétrole qui évoluent dans le même sens. Nous corroborons l’idée que la variation temporelle, en ce qui concerne l’ampleur relative des chocs de demande et d’offre de pétrole, joue un rôle important dans les fluctuations des cours pétroliers et leurs interactions avec les rendements agrégés. Les primes de risque extrême tirées des options ne sont toutefois pas approximées par les indicateurs macroéconomiques ni par les mesures de l’incertitude sur le marché pétrolier, ce qui donne à penser que la peur, variable dans le temps, d’une évolution défavorable des prix du pétrole est une autre source de volatilité pour les cours pétroliers et d’information pour la prévision de ces cours.