L’argent comptant est le mode de paiement privilégié pour les petites transactions qui en général ne dépassent pas 25 $. Nous apportons des éclaircissements sur ce point à l’aide d’un nouveau modèle théorique qui permet de définir et de comparer, pour chaque transaction, les coûts associés au paiement en argent comptant par rapport à ceux qui sont rattachés au paiement par carte. Notre modèle inédit permet de déterminer à combien s’élève la petite monnaie reçue sous forme de billets et de pièces, en partant du principe que ces dernières sont peu pratiques vu leur poids et leur taille. Nous adoptons l’approche de discontinuité de la régression pour estimer le modèle à partir de l’enquête sur les modes de paiement réalisée en 2013 par la Banque du Canada. D’après nos conclusions, un grand nombre d’utilisateurs d’argent comptant paient par carte de débit ou de crédit dès que la valeur des transactions dépasse légèrement 5 $ et 10 $, respectivement. Cette observation s’explique par le fardeau associé au fait de recevoir de la petite monnaie en pièces ainsi que par la nature même des dénominations monétaires. Notre proposition de méthode a une portée générale et peut s’appliquer à d’autres pays et dispositifs institutionnels.