Depuis les années 1970, la transmission des chocs des prix du pétrole constitue un sujet d’intérêt majeur en macroéconomie. Cet intérêt a été ravivé par la chute marquée et persistante des prix réels du pétrole en 2014-2016. Dans le cadre du débat entourant ce sujet, Ramey (2017) a fait une déclaration percutante : selon elle, il existe une grande confusion dans les études existantes quant à la façon de quantifier l’incidence de ces chocs. Elle affirme en particulier que l’effet du revenu discrétionnaire sur la consommation privée, une mesure qui joue un rôle central dans les travaux contemporains portant sur la transmission des chocs des prix du pétrole à l’économie américaine, n’a aucune justification ni aucun fondement économique. Ramey est d’avis que les chercheurs ont trop souvent confondu l’effet des termes de l’échange et l’effet du revenu discrétionnaire. Elle avance que l’incidence de la chute des prix du pétrole de 2014-2016 sur la consommation privée est moindre que ne l’indiquent les modèles empiriques de l’effet du revenu discrétionnaire, et ce, pour de nombreuses raisons. Dans le présent document, nous passons en revue les principaux arguments de Ramey (2017) et montrons qu’ils ne résistent pas à l’examen. Notre analyse met en lumière les fondements théoriques de l’effet du revenu discrétionnaire. Nous nous penchons sur des estimations améliorées de cet effet, qui sont fondées sur des modèles de régression et qui tiennent compte des variations de la dépendance à l’égard des importations de pétrole et d’essence, et soulignons que les autres estimations utilisées par les pouvoirs publics nécessitent de fortes hypothèses simplificatrices.