L’incertitude est un facteur important à prendre en considération dans les décisions concernant la politique monétaire et, selon les circonstances, elle peut inciter les banques centrales à prendre des mesures plus ou moins énergiques, a soutenu aujourd’hui la première sous-gouverneure, Mme Carolyn A. Wilkins, lors de son intervention devant Money Marketeers of New York University.

« Les dirigeants des banques centrales ont des méthodes bien établies pour affronter l’incertitude dans la conduite de la politique monétaire, a déclaré Mme Wilkins. Afin de saisir les raisons pour lesquelles des mesures ont été prises et quelles mesures l’avenir pourrait réserver, il faut comprendre le scénario de référence de la Banque ainsi que la manière dont celle-ci a pris l’incertitude en compte dans ses décisions de politique monétaire. »

Dans son discours, la première sous-gouverneure Wilkins a traité de quelques observations : l’incertitude fait partie de la vie; la politique monétaire devient asymétrique lorsqu’on y intègre l’incertitude; et l’incertitude ne justifie pas un immobilisme dans la prise de décisions.

« Pour parvenir au bon équilibre entre intervention énergique et prudence en matière de politique monétaire, il faut faire preuve de discernement en ce qui a trait aux arbitrages complexes, a-t-elle dit. Vérifier la logique de ce raisonnement à l’aide de modélisations formelles constitue une bonne pratique. »

La première sous-gouverneure a mis en lumière comment l’incertitude peut influer sur les décisions des autorités publiques à l’aide de deux exemples. Dans le premier, les décideurs, placés devant la possibilité que les taux d’intérêt atteignent la valeur plancher, ont choisi de prendre des mesures plus énergiques que celles prédites par le modèle. C’est ce qui est arrivé après la crise financière de 2008. Le second cas est une situation où une incertitude accrue amène la banque centrale à hésiter à modifier le taux directeur. Cela peut se produire lorsque les décideurs redoutent que l’inflation dévie de la fourchette cible, lorsqu’ils ne sont pas sûrs de l’effet de leurs mesures de politique monétaire sur l’économie réelle ou lorsqu’ils veulent éviter de revenir sur leurs décisions dans un court laps de temps.

« Toutefois, la prudence a ses limites étant donné les arbitrages complexes qu’elle entraîne, notamment ceux liés à la stabilité financière », a précisé Mme Wilkins, en mentionnant certaines des recherches qu’effectue la Banque afin de mieux quantifier ces arbitrages.