L’économie canadienne a fait d’excellents progrès en 2017, mais il y a encore beaucoup à faire sur plusieurs enjeux à long terme, a affirmé aujourd’hui le gouverneur de la Banque du Canada, M. Stephen S. Poloz.

Dans un discours prononcé devant le Canadian Club Toronto, le gouverneur Poloz a indiqué que l’économie du Canada était celle du Groupe des Sept qui connaissait la croissance la plus rapide. Des enjeux tels que la menace d’une cyberattaque, les prix des logements et le niveau élevé d’endettement des ménages, ainsi que la difficile insertion des jeunes Canadiens sur le marché du travail, restent toutefois préoccupants selon lui. 

Une part importante du rôle de la banque centrale consiste à mieux faire comprendre les questions économiques. « Les enjeux qui semblent épineux le deviennent souvent moins lorsqu’on les comprend mieux », a fait remarquer M. Poloz. « Une meilleure compréhension de ces enjeux aide tout le monde, que ce soit les diverses autorités publiques ou la population en général, à déterminer ce qu’il convient de faire pour les résoudre. »

Le gouverneur note que la forte connectivité entre les institutions financières peut rendre le système financier vulnérable à une cyberattaque. La bonne nouvelle, d’après lui, c’est que tous les grands participants au système financier prennent cette menace très au sérieux, et que la Banque veille à ce que le système puisse se rétablir rapidement en cas d’attaque.

Bien que le niveau élevé des prix des logements et de la dette des ménages demeure une vulnérabilité, de nouvelles lignes directrices touchant les prêts hypothécaires, dont un nouveau test de résistance fondé sur les taux hypothécaires, constituent une avancée positive. « Qu’une règle vous y oblige ou non, vous avez tout intérêt à faire le test pour vous assurer que vous pourriez faire face à vos paiements hypothécaires dans l’hypothèse où les taux d’intérêt seraient plus élevés au moment du renouvellement de votre prêt », a commenté M. Poloz.

S’agissant de l’emploi des jeunes, le gouverneur a souligné l’importance d’inverser la longue diminution de leur taux d’activité. Bien que le chômage constitue une source de préoccupation quel que soit le groupe d’âge, il a dit souhaiter attirer l’attention de l’auditoire sur le sort des jeunes, chez qui une longue période de chômage pourrait laisser des séquelles à vie. Il a expliqué que la réintégration des jeunes dans la population active contribuera à la création de capacités économiques.

« Ce sont tous des enjeux à long terme qui resteront au cœur de nos préoccupations, les miennes à titre personnel et celles de la Banque du Canada », a conclu M. Poloz. « La Banque continuera de répondre à ces enjeux, tout en faisant sa part pour contribuer à la vigueur et à la stabilité de l’économie. C’est le rôle que la Banque du Canada remplit depuis ses débuts et qu’elle continuera de tenir dans les années à venir. »