Nous étudions la concurrence que se livrent deux monnaies sans valeur intrinsèque, du fait d’interactions décentralisées entre sujets humains. Nous faisons une expérience en laboratoire basée sur un modèle de prospection simple intégrant deux pays et deux monnaies. Notre but est d’étudier les facteurs ayant une incidence sur les profils de circulation et le choix de l’équilibre. D’après les résultats de l’expérience, le taux d’acceptation d’une monnaie étrangère dans un pays diminue à mesure que la taille relative de celui-ci augmente, mais il ne varie pas sensiblement selon le degré d’intégration économique. Dans les simulations en laboratoire, deux économies ont tendance à converger vers un régime monétaire unifié au sein duquel les deux monnaies circulent de part et d’autre, même si d’autres régimes sont possibles en théorie. La mise en place de politiques privilégiant l’utilisation de la monnaie nationale pour les opérations étatiques peut considérablement réduire l’acceptation des devises. Selon ces résultats, les politiques publiques pourraient agir comme un instrument de coordination en cas de circulation de plusieurs monnaies.