Nous décomposons la variance totale en ses éléments positifs et négatifs et mesurons les primes associées à leurs fluctuations à partir de données sur les actions et les options, données tirées d’un vaste échantillon représentatif d’entreprises. La prime liée au risque de la variance (PRV) totale représente la prime à payer pour s’assurer contre les fluctuations d’une variance négative (appelée mauvaise PRV), après déduction de la prime reçue pour compenser les fluctuations de la variance positive (appelée bonne PRV). La mauvaise PRV fournit une évaluation directe du degré d’exacerbation du risque à la baisse pesant sur les actifs, alors que la bonne PRV donne une indication du degré de réduction de la hausse potentielle des prix d’actifs. Nous constatons que la mauvaise PRV revêt une importance économique; dans l’échantillon représentatif d’entreprises, à une augmentation d’un écart-type correspond une augmentation de l’excédent de rendement attendu pouvant aller jusqu’à 13 % (en taux annualisé). Prendre une position longue sur des titres assortis d’une mauvaise PRV élevée, en concomitance avec une position courte sur des titres assortis d’une mauvaise PRV faible, procure un excédent de rendement attendu (en taux annualisé, ajusté en fonction des risques) de 18 %. Ces résultats demeurent significatifs dans les stratégies dichotomiques et les régressions transversales tenant compte d’une série de caractéristiques des entreprises et d’expositions à des risques habituels ainsi qu’à des risques à la baisse.