Dans cette note, nous examinons les canaux par lesquels les hausses du salaire minimum prévues dans les années à venir pourraient influer sur l’activité économique et l’inflation au Canada, et nous évaluons l’incidence macroéconomique de ces augmentations. À partir d’estimations de la transmission directe des variations du salaire minimum dans un modèle de forme réduite, nous constatons que l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) pourrait progresser d’environ 0,1 point de pourcentage en moyenne en 2018. Selon une simulation réalisée dans un modèle d’équilibre général de forme structurelle, les hausses du salaire minimum sont susceptibles de retrancher environ 0,1 % du niveau du produit intérieur brut (PIB) d’ici le début de 2019, et de faire augmenter d’environ 0,1 point de pourcentage l’inflation mesurée par l’IPC. L’incidence nette sur le revenu du travail serait positive, mais il en résulterait une perte de 60 000 emplois, un nombre qui s’inscrit dans le bas d’une fourchette obtenue dans le cadre d’un exercice comptable (de 30 000 à 140 000). La consommation diminuerait parce qu’une montée de l’inflation se traduirait par une légère hausse du taux d’intérêt, ce qui contrebalancerait amplement l’augmentation du revenu du travail. La production potentielle devrait rester inchangée à court terme. Les hausses du salaire minimum pourraient avoir des effets à long terme du fait de l’automatisation, des gains de productivité ou de l’évolution du taux d’activité, mais ces effets peuvent être aussi bien positifs que négatifs.