Cette étude propose une lecture contemporaine de trois grandes politiques de commerce extérieur pilotées par les autorités canadiennes qui ont marqué l’histoire économique du Canada depuis la Confédération : la Politique nationale (1879), l’Accord canado-américain sur les produits de l’industrie automobile (Pacte de l’automobile de 1965) et l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis (l’Accord de libre-échange de 1989 et son prolongement, à savoir l’Accord de libre-échange nord-américain, ou ALENA, de 1994). La Politique nationale a instauré des hausses générales de droits de douane sur les biens manufacturés importés dans le but premier de favoriser le développement du secteur manufacturier canadien. Dans l’ensemble, ses effets sur le secteur manufacturier et sur le bien-être furent cependant probablement négatifs. Le Pacte de l’automobile, qui a concouru à la libéralisation du commerce des véhicules et des pièces automobiles entre le Canada et les États-Unis, l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis ainsi que l’ALENA ont rompu avec le protectionnisme de la Politique nationale des générations précédentes. Ces accords sont à l’origine d’un essor des flux commerciaux entre le Canada, les États-Unis et le Mexique et ont eu des retombées positives pour les consommateurs et les producteurs canadiens. La spécialisation des producteurs et la baisse des prix à l’importation ont permis à tous les pays signataires de profiter de la libéralisation des échanges. Les avantages ont tendance à être largement partagés et à s’être pleinement matérialisés sur le long terme. Par contre, la libéralisation des échanges peut également engendrer à court terme des coûts d’ajustement non négligeables qui pèsent sur certaines filières et sur une partie des travailleurs.