Les importations de biens d’équipement jouent aujourd’hui un rôle de plus en plus important dans la croissance de l’économie américaine. Pour comprendre ce phénomène, nous construisons un modèle de croissance néoclassique qui intègre les échanges internationaux de biens d’équipement et postule que les agents composent avec une orientation exogène des mesures de la productivité totale des facteurs et de la productivité induite par l’investissement. Le prix relatif des importations de biens d’équipement, le prix relatif de l’investissement en biens d’équipement nationaux, et le prix des produits de propriété intellectuelle par rapport aux prix à la consommation rendent compte des mesures de la productivité induite par l’investissement. Nous utilisons les prix observés pour déterminer les décisions optimales en matière d’investissement et pour comprendre les sources sous-jacentes de la croissance de la production dans l’économie américaine. D’après nos résultats, les décisions de répartition (dans le modèle) qui font suite aux changements de prix relatifs expliquent bien la dynamique de l’investissement et de la production américaine. Le modèle nous permet de conclure que : 1) les importations de biens d’équipement ont compté pour 14 % de la hausse de la production par heure aux États-Unis depuis 1975; 2) les importations de biens d’équipement ont joué un rôle mineur dans la récente faiblesse de l’investissement en biens d’équipement; 3) la croissance de la production par heure aux États-Unis aurait été 18 % plus faible sans l’apport de la technologie héritée des importations de biens d’équipement depuis 1975; 4) à long terme, l’imposition de droits de douane supplémentaires sur les importations de biens d’équipement aurait peu d’effet sur la part des dépenses en importations de biens d’équipement dans l’investissement en matériel.