M. Thiessen a été nommé gouverneur de la Banque du Canada le 1er février 1994 pour un mandat de sept ans et a pris sa retraite le 31 janvier 2001.
Né à South Porcupine, en Ontario, M. Thiessen a grandi en Saskatchewan, où il a habité différentes petites villes. Ses études secondaires terminées à Moosomin, en Saskatchewan, il entre dans une succursale d'une banque à charte.
Peu après, il s'inscrit au programme d'économique de l'Université de la Saskatchewan, où il obtient un baccalauréat spécialisé en 1960, puis une maîtrise en 1961. L'année suivante, il enseigne l'économique à cette université. De 1965 à 1967, il étudie à la London School of Economics, qui lui décerne un doctorat en économique en 1972.
M. Thiessen a commencé sa carrière à la Banque du Canada en 1963, travaillant d'abord au département des Recherches, puis au département des Études monétaires et financières. De 1973 à 1975, il travaille à la Reserve Bank of Australia en qualité d'économiste invité.
En 1979, il accède au poste de conseiller du gouverneur de la Banque du Canada, puis, en 1984, à celui de sous-gouverneur. En 1987, il est nommé premier sous-gouverneur et siège à ce titre au Conseil d'administration et au Comité de direction.
En 1996, le gouvernement suédois accordait à M. Thiessen la distinction de l’ordre de l’Étoile polaire, en hommage aux services rendus par la Banque du Canada à la banque centrale du pays. En 1997, l’Université de la Saskatchewan a décerné à M. Thiessen un doctorat honorifique en droit.
Au début de 1994, la situation économique du Canada n'était guère reluisante. Notre économie était aux prises avec de sérieux problèmes. Aujourd'hui, il reste évidemment des défis à relever, mais la conjoncture économique et financière du Canada est dans l'ensemble beaucoup plus favorable qu'elle ne l'était il y a sept ans.
Un sujet qui est revenu souvent sur le tapis au fil des années est celui du taux de change du dollar canadien. Depuis deux ou trois ans, ce sujet fait à nouveau couler beaucoup d'encre.
Le département de sciences économiques de la Faculté est réputé pour l'intérêt qu'il porte depuis longtemps à l'économie monétaire et pour la lecture qu'il fait de l'histoire de l'économie. J'ai donc jugé opportun de combiner ces deux matières et de vous proposer une réflexion sur les changements considérables qui se sont opérés dans les aspects théoriques et pratiques de la politique monétaire du pays au cours des 65 années d'existence de la Banque du Canada.
J'aimerais aujourd'hui vous exposer le point de vue de la Banque du Canada sur les perspectives d'évolution de l'économie canadienne. Tout d'abord, les prévisions concernant les prochains mois sont en général très favorables.
La révolution technologique qui balaie actuellement la planète pose aux entreprises des problèmes d'adaptation de plus en plus complexes. Cette révolution transcende les frontières, intensifie la compétition et transforme les économies partout dans le monde.
La semaine dernière, nous avons publié la onzième livraison de notre Rapport sur la politique monétaire. Depuis la parution du Rapport de novembre, la tenue affichée par l'économie canadienne a dépassé les attentes. Stimulée par la vigueur de la demande au pays et à l'étranger, l'expansion de notre économie s'est accélérée au second semestre de 1999 et au début de 2000.
Les années quatre-vingt-dix ont été difficiles pour le Canada et l'économie canadienne. Dès le début de la décennie, il était clair que nous devions régler les problèmes qui avaient nui à la tenue de notre économie durant la majeure partie des années soixante-dix et quatre-vingt.
Lorsque je me suis présenté devant vous en avril dernier, il planait encore sur l'économie mondiale une grande incertitude découlant de la crise financière qui a frappé les pays à marché émergent en 1997 et 1998 et de la chute des cours internationaux des produits de base qui a accompagné cette crise.
Au cours de la dernière année, il a beaucoup été question, au Canada comme ailleurs, des avantages et des désavantages que comportent les différents régimes de change et des répercussions qu'ont ces derniers sur la politique monétaire.
Les institutions publiques connaissent depuis une dizaine d'années de profonds changements. L'un des plus importants est la place croissante accordée à la responsabilité, ou l'obligation de rendre compte, qui amène les institutions publiques à devenir plus ouvertes et à donner plus d'information sur leurs opérations, bref, à faire preuve d'une plus grande « transparence », pour employer le mot à la mode.
Ces deux dernières années, il s'est dit beaucoup de choses au sujet de la productivité et du niveau de vie au Canada. Certes, les propos tenus se sont avérés utiles en général, mais ils ont aussi parfois prêté à confusion.
Les mesures de politique monétaire mettent passablement de temps à se répercuter sur l'économie et sur l'inflation. Le décalage est de l'ordre de 12 à 24 mois. C'est pourquoi les banques centrales doivent continuellement être tournées vers l'avenir et mettre en place aujourd'hui les conditions monétaires qui aideront l'économie à progresser à un rythme soutenable demain. J'entends par « soutenable » une situation où la croissance économique et la création d'emplois ne sont pas menacées par une hausse de l'inflation.
Je suis toujours très heureux de revenir chez moi et de m'entretenir avec les habitants de ma province natale. Si je suis à Regina aujourd'hui, c'est parce que le Conseil d'administration de la Banque du Canada y tient une de ses réunions. En effet, une fois par an, les membres du Conseil se réunissent ailleurs que dans la ville d'Ottawa, dans les diverses régions du pays en alternance. Et cette année, c'est le tour de Regina, à notre grand plaisir.
À l'aube du XXIe siècle et d'un nouveau millénaire, on peut difficilement résister à la tentation à la fois d'effectuer une rétrospective des dernières décennies et de jeter un regard sur l'avenir.
C'est toujours avec plaisir que je me présente devant vous après la parution d'un nouveau Rapport sur la politique monétaire, dont la neuvième livraison a été mise en circulation mercredi dernier. Il y a maintenant quatre ans que la Banque du Canada publie tous les six mois ce rapport dans le cadre des efforts qu'elle déploie pour améliorer la transparence de ses mesures de politique monétaire et mieux rendre compte de ses actions à ce chapitre.
L'économie mondiale et celle du Canada ont connu des moments difficiles au cours des deux dernières années. La nôtre s'en est assez bien sortie. Et compte tenu des turbulences que la crise financière asiatique a provoquées partout dans le monde, on peut dire qu'elle s'est comportée mieux cette fois-ci que dans le passé.
C’est avec plaisir que je me présente aujourd’hui devant votre comité pour faire le point sur la situation économique et la politique monétaire au Canada et aussi pour vous entretenir d’autres questions concernant la politique économique. Et comme la Banque du Canada a déposé récemment son rapport annuel devant le Parlement, je serai heureux de répondre à vos questions sur la façon dont celle-ci mène ses opérations.
Je suis très heureux d'être ici ce soir pour souligner avec vous la tenue de la 35e assemblée annuelle de la Mennonite Savings and Credit Union. Pour l'occasion, je me propose de vous entretenir de la situation économique et de la politique monétaire au Canada. Cependant, compte tenu du type d'auditoire que vous formez, je ferai d'abord quelques observations sur l'avenir du secteur financier canadien — un sujet qui a souvent défrayé la chronique au cours de la dernière année!
En plus des succès qu'il a connus sur le plan professionnel, Tony Hampson a contribué de manière exceptionnelle à la vie publique canadienne. Beaucoup d'entre vous se souviendront qu'il a été pendant plusieurs années président du Policy Analysis Committee de l'Institut C.D. Howe. Durant les premières années de sa carrière, il a travaillé pour la Commission royale d'enquête sur les perspectives économiques du Canada (aussi connue sous le nom de Commission Gordon).
Nous venons tout juste d'assister à l'aube d'une nouvelle ère en Europe. Depuis le début de janvier, onze des quinze pays membres de l'Union européenne sont réunis au sein d'une union monétaire et utilisent une monnaie commune, l'euro. Cette union monétaire constitue un nouveau jalon sur la voie de l'intégration économique, sociale et politique en Europe, un objectif poursuivi depuis environ cinquante ans.
Lorsque la crise asiatique a éclaté à l'été 1997, rares étaient les observateurs qui prévoyaient que les marchés financiers internationaux seraient toujours aux prises avec ses retombées plus d'un an après son déclenchement.
Économiste de formation ayant oeuvré comme banquier durant la majeure partie de sa carrière, Douglas Gibson a jeté un éclairage des plus intéressants sur les questions que l'orientation des politiques publiques soulève, les rapports entre le gouvernement et les entreprises et la contribution des économistes du secteur privé aux politiques mises en oeuvre par les pouvoirs publics.
Durant la dernière année, l'économie et la monnaie canadiennes se sont ressenties de l'incertitude accrue sur la scène mondiale et des pressions croissantes provoquées par les problèmes ayant pris naissance en Asie du Sud-Est. Je suis sûr que les retombées de cette situation, spécialement sur les cours des produits de base, tels que le pétrole et le nickel, sont déjà bien connues de la population de Terre-Neuve.
La mondialisation — c'est-à-dire l'intégration et l'interdépendance croissantes des économies nationales — transforme radicalement le paysage économique. Les échanges de biens et de services entre pays augmentent, un nombre grandissant de firmes font des affaires au-delà des frontières de leur pays et les épargnants ainsi que les emprunteurs jouissent d'un meilleur accès que jamais aux marchés financiers mondiaux.
Les mesures de politique monétaire ne font pleinement sentir leurs effets sur l'économie qu'après une période de un à deux ans. La conduite de la politique monétaire doit par conséquent être fondée sur l'opinion que nous nous faisons de ce que sera la situation économique non pas dans un jour ni dans un mois, mais bien dans un à deux ans.
Faits saillants
Les données recueillies depuis le 14 janvier, date de la mise à jour de l'analyse présentée dans le Rapport sur la politique monétaire de novembre dernier, continuent de laisser entrevoir un raffermissement des perspectives de l'économie mondiale et de l'activité au Canada.
Aux États-Unis, l'expansion du PIB réel a encore dépassé les attentes — atteignant un taux annuel de 5,8 % au quatrième trimestre de 1999. Bien que des pressions s'exercent manifestement sur les prix et les coûts aux États-Unis, la forte croissance de la productivité a maintenu les coûts unitaires de main-d'oeuvre à un bas niveau. Toutefois, comme la demande s'est accrue à un rythme supérieur à celui de la capacité potentielle et qu'une telle situation présente des risques d'inflation, la Réserve fédérale a haussé le taux cible des fonds fédéraux de 25 points de base pour le porter à 5,75 % le 2 février.
Même si la tendance de l'inflation reste faible dans les pays industriels, un certain nombre d'autres grandes banques centrales, s'inquiétant de l'apparition future de pressions inflationnistes compte tenu du renforcement de la demande, ont aussi haussé leurs taux directeurs au cours des deux dernières semaines.
La vigueur de la demande étrangère, particulièrement de la demande américaine, continue de transparaître dans les plus récentes données sur notre balance commerciale. La croissance des exportations est restée forte en novembre, et le solde global a affiché un excédent important. Les cours mondiaux de nos principaux produits de base continuent aussi de se redresser sous l'effet du raffermissement de la demande globale. Au pays, les chiffres les plus récents au sujet de la demande et de la production témoignent d'une robustesse continue. Le PIB réel (au coût des facteurs) s'est accru de 0,6 % en novembre (4,6 % en glissement annuel), et l'emploi a maintenu sa forte progression en fin d'année et au début de janvier. D'autres indicateurs, y compris les dernières données sur les agrégats monétaires, confirment ce tableau économique favorable. La Banque prévoit à l'heure actuelle que la croissance du PIB en 2000 se situera près de la limite supérieure de la plage de 2,75 à 3,75 % projetée en novembre.
Le taux d'accroissement de l'indice de référence que nous utilisons pour mesurer l'inflation a été de 1,6 % (en glissement annuel) en décembre, soit légèrement au-dessous des prévisions, en partie à cause des rabais temporaires pratiqués sur certains produits. Nous pensons encore que l'inflation mesurée par l'indice de référence montera pour s'établir au point médian de la fourchette cible de 1 à 3 % au premier trimestre de cette année. Parallèlement, le taux d'augmentation de l'IPC global grimpera probablement à près de 3 % en raison de l'escalade récente des prix de l'énergie, mais on continue de s'attendre à ce qu'il redescende dans le courant de l'année pour se rapprocher de celui de l'indice de référence, à mesure que les prix de l'énergie se modéreront.
La Banque du Canada a relevé le taux officiel d'escompte de 25 points de base pour le porter à 5,25 % le 3 février. La Banque a pris sa décision en tenant compte notamment du dynamisme de la demande de produits canadiens tant au pays qu'à l'étranger, de l'importance de veiller à ce que l'économie s'approche de façon prudente des limites de sa capacité de production et du risque d'un déversement au Canada des pressions inflationnistes qui pourraient s'exercer aux États-Unis.
Classification : Évolution économique et financière récenteTexte d'une conférence prononcée en 1995 par le gouverneur de la Banque, plus des articles de la Revue de la Banque du Canada et d'autres sources Introduction de 1996 Lorsque le gouverneur, Gordon Thiessen, a été invité par le Collège Glendon à prononcer la conférence HERMES de 1995, il a choisi de consacrer l'essentiel de [...]
Classification : Transmission de la politique monétaireDans cette conférence, donnée au Collège Glendon de l'Université York à Toronto en mars 1995, le gouverneur de la Banque du Canada, Gordon G. Thiessen, fait porter l'essentiel de ses propos sur l'interaction qui existe entre l'incertitude et la transmission de la politique monétaire à l'ensemble de l'économie. Il examine l'influence que les différent types d'incertitude ont sur le comportement des agents économiques, et aussi comment ces incertitudes agissent sur la transmission de la politique monétaire au sein de l'économie.
La première partie de la conférence expose la conception que la Banque du Canada a du mécanisme de transmission de la politique monétaire, en insistant particulièrement sur le rôle que joue l'incertitude. Dans la deuxième partie, les différents moyens que la Banque a employés pour tenter de réduire l'incertitude sont discutés.
Classification : Mise en oeuvre de la politique monétaire