La poursuite d'une cible d'inflation constitue la pierre angulaire de la politique monétaire canadienne depuis 1991.
L'objectif initial de l'entente conclue entre le gouvernement fédéral et la Banque du Canada était de réduire l'inflation, mesurée par l'indice des prix à la consommation (IPC) global, en la faisant passer de 5 % environ à la fin de 1990 à 2 % avant la fin de 1995.
Cet objectif ayant été atteint beaucoup plus vite que prévu, la Banque s'est plutôt attachée, lors du renouvellement de l'entente en 1993, à maintenir l'inflation au taux bas, stable et prévisible de 2 % par année, soit le point médian de la fourchette de maîtrise de 1 à 3 % qu'elle poursuit.
La cible de maîtrise de l'inflation a été reconduite à quatre reprises depuis 1991, à savoir en 1993, en 1998 et en 2001, puis en 2006 pour une période allant jusqu'à la fin de 2011.
La cible de maîtrise de l'inflation aide la Banque du Canada à déterminer les mesures de politique monétaire à prendre pour préserver la stabilité des prix à moyen terme.
Pour atteindre la cible d'inflation, la Banque ajuste son taux directeur (le taux cible du financement à un jour), qui influe à son tour sur d'autres taux d'intérêt au sein de l'économie.
Lorsque la demande est excessive, qu'elle pousse l'appareil de production aux limites de sa capacité et que l'inflation risque de passer nettement au-dessus de la cible de 2 %, la Banque majore son taux directeur afin de ralentir le rythme d'expansion de l'économie.
Lorsque la demande est faible et que les pressions inflationnistes semblent vouloir se relâcher, la Banque abaisse son taux directeur dans le but de stimuler l'économie, d'absorber les capacités excédentaires et de ramener le taux d'inflation à 2 %.
La Banque accorde donc autant d'importance aux risques que l'inflation s'établisse au-dessus ou au-dessous de la cible de 2 % et intervient de manière symétrique pour éviter tant une inflation élevée qu'une déflation persistante à moyen terme.
Une politique monétaire crédible s'appuyant sur un cadre prospectif axé sur la poursuite d'une cible d'inflation, comme nous venons de la décrire, a automatiquement un effet stabilisateur sur l'activité économique. De ce fait, la poursuite d'une cible d'inflation a aidé l'économie canadienne à éviter les cycles pénibles de surchauffe et de récession qu'elle avait connus par le passé et à absorber plus efficacement les chocs.
La poursuite d'une cible d'inflation a aidé les marchés financiers et le public à mieux comprendre les mesures de politique monétaire que prend la Banque. Et une cible d'inflation explicite a fourni un instrument de mesure précis pour évaluer l'efficacité de la politique monétaire.
Les succès remportés au chapitre de la réduction de l'inflation, conjugués à un engagement ferme à maintenir l'inflation à un niveau bas au fil du temps, ont aussi contribué à arrimer les attentes d'inflation autour de 2 %. Des attentes d'inflation solidement ancrées ont permis aux entreprises comme aux ménages de planifier à plus long terme, ce qui a mené à une meilleure allocation des ressources économiques et financières et à une plus grande stabilité de l'économie dans son ensemble.