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Désinflation et déflation

On confond parfois les termes désinflation et déflation.

Par désinflation, on entend le ralentissement du taux d'augmentation du niveau général des prix, représenté par le prix moyen des biens et des services d'un panier de consommation. Par exemple, entre 1981 et 1983, le taux annuel d'accroissement de l'indice des prix à la consommation (IPC) global au Canada est passé de 12,5 % à un peu moins de 6 %. Et, de 1990 à 1992, le taux d'inflation a encore ralenti, soit d'environ 5 à 1,5 %. C'est ce que l'on appelle désinflation.

La déflation, par contre, se définit comme une chute persistante du niveau de l'indice global des prix à la consommation (IPC global), qui se traduit par un taux d'inflation négatif année après année. Le seul important épisode de déflation soutenue qu'ait connu le Canada s'est produit durant la Grande Dépression des années 1930, alors que le niveau global des prix avait fléchi de plus de 20 % durant une période de quatre ans.

La déflation peut être particulièrement néfaste lorsqu'elle est causée par une contraction marquée et prolongée des dépenses (comme ce fut le cas dans les années 1930), qui engendre une chute persistante du niveau général des prix. Cette situation peut entraîner une spirale déflationniste au sein de l'économie, à mesure que les revenus diminuent et que le fardeau réel de la dette des emprunteurs grimpe. Dans un tel contexte, le fléchissement continu des prix donne lieu à une baisse de la production et des salaires, qui freine davantage la demande des consommateurs et des entreprises, ce qui fait encore diminuer les prix et ainsi de suite.

Par contre, un recul temporaire de l'IPC global lié à un ensemble restreint de prix plus volatils (par exemple, la diminution des prix de l'essence que l'on a connue en 2009) ou un repli des prix relatifs d'une catégorie particulière de biens (tels que les ordinateurs personnels) attribuable aux progrès technologiques ou aux gains de productivité ne constituent pas de la déflation. Dans la mesure où de telles baisses ponctuelles n'influent pas sur les revenus et le fardeau de la dette, leur incidence sur l'économie n'est pas nuisible. De fait, le fléchissement des prix découlant d'une amélioration de la productivité accroît le pouvoir d'achat des consommateurs.

La réaction des autorités monétaires face à la déflation : maintenir l'inflation au taux cible

À l'instar d'une inflation généralisée et soutenue, une déflation persistante augmente l'incertitude et a des répercussions négatives sur la croissance économique. Qui plus est, dans une économie où l'on a pour cible un taux d'inflation positif, comme au Canada, la déflation est dommageable, car elle réserve des surprises et fait planer un doute sur la crédibilité de la politique monétaire. C'est pourquoi la Banque du Canada accorde autant d'importance au risque que l'inflation s'établisse au-dessus de la cible de 2 % qu'à celui qu'elle passe au-dessous et qu'elle intervient de manière symétrique pour éviter tant une inflation qu'une déflation prononcée à moyen terme.

Selon un tel régime de poursuite de cibles d'inflation, tout risque d'enracinement des attentes déflationnistes, si l'inflation passait temporairement en territoire négatif, est atténué par l'engagement de la banque centrale à réagir énergiquement pour ramener l'inflation à la cible. Par conséquent, il est très peu probable que de faibles baisses de prix sur de courtes périodes entraînent une spirale déflationniste.

[Voir aussi http://www.banqueducanada.ca/fr/discours/2003/sp03-1f.html]

Septembre 2009