Les banques et autres institutions financières sont des entreprises indépendantes qui décident elles-mêmes du niveau de leurs taux de prêt. Toutefois, le niveau des taux d'intérêt que les banques commerciales imposent à leurs clients est influencé par plusieurs facteurs, dont certains ne sont pas déterminés par celles-ci.
L'un des facteurs clés est le taux directeur de la Banque du Canada, soit le taux cible du financement à un jour. Il s'agit du taux auquel la Banque prévoit que les institutions financières s'emprunteront ou se prêteront des fonds pour une durée d'un jour. Les variations du taux directeur de la Banque se répercutent donc sur les autres taux d'intérêt dans l'économie, y compris les taux préférentiels et hypothécaires que les banques et autres institutions financières font payer à leurs clients.
Cependant, le taux directeur n'est pas le seul facteur influant sur les taux débiteurs. D'autres éléments importants entrent en jeu, facteurs qui reflètent l'équilibre relatif entre l'offre et la demande de fonds prêtables au sein de l'économie. Parmi ces éléments figurent les coûts que les banques doivent assumer pour obtenir, sur les marchés financiers, des fonds à long terme qu'elles pourront ensuite prêter aux ménages et aux entreprises.
Pour se protéger contre l'incertitude, les institutions financières intègrent également dans leurs taux débiteurs une prime de risque ainsi que certains frais administratifs et, comme toute autre entreprise commerciale, une marge bénéficiaire.
La durée d'un prêt exerce une influence importante sur le taux d'intérêt imposé. Les taux d'intérêt à court terme s'appliquent habituellement à l'argent prêté pour une durée d'un an ou moins. Les taux d'intérêt à long terme peuvent être soit plus élevés soit moins élevés que les taux à court terme, selon la durée du prêt et les perspectives de croissance économique et d'inflation.
En règle générale, les taux d'intérêt à long terme reflètent les taux d'intérêt à court terme attendus, auxquels s'ajoute une prime de risque pour compenser l'incertitude. Cette prime tend à s'accroître avec la durée du prêt parce que l'incertitude augmente quand on s'éloigne dans le futur.
La distinction entre les taux d'intérêt nominaux et réels est importante sur le plan économique.
Les taux nominaux ont deux composantes : la première (appelée prime d'inflation) correspond à l'inflation attendue et la seconde représente le taux de rendement réel. Le taux d'intérêt réel attendu est la différence entre le taux d'intérêt nominal et le taux d'inflation attendu. Par exemple, si le taux d'intérêt nominal est de 6 %, et le taux d'inflation attendu, de 2 %, alors le taux d'intérêt réel s'établit à 4 %.
Les taux d'intérêt réels reflètent le rendement réel pour le prêteur et le coût réel pour l'emprunteur; ils importent donc davantage que les taux nominaux dans les décisions économiques.