Lorsque la crise asiatique a éclaté à l'été 1997, rares étaient les observateurs qui prévoyaient que les marchés financiers internationaux seraient toujours aux prises avec ses retombées plus d'un an après son déclenchement.
Économiste de formation ayant oeuvré comme banquier durant la majeure partie de sa carrière, Douglas Gibson a jeté un éclairage des plus intéressants sur les questions que l'orientation des politiques publiques soulève, les rapports entre le gouvernement et les entreprises et la contribution des économistes du secteur privé aux politiques mises en oeuvre par les pouvoirs publics.
Durant la dernière année, l'économie et la monnaie canadiennes se sont ressenties de l'incertitude accrue sur la scène mondiale et des pressions croissantes provoquées par les problèmes ayant pris naissance en Asie du Sud-Est. Je suis sûr que les retombées de cette situation, spécialement sur les cours des produits de base, tels que le pétrole et le nickel, sont déjà bien connues de la population de Terre-Neuve.
La mondialisation — c'est-à-dire l'intégration et l'interdépendance croissantes des économies nationales — transforme radicalement le paysage économique. Les échanges de biens et de services entre pays augmentent, un nombre grandissant de firmes font des affaires au-delà des frontières de leur pays et les épargnants ainsi que les emprunteurs jouissent d'un meilleur accès que jamais aux marchés financiers mondiaux.
Les mesures de politique monétaire ne font pleinement sentir leurs effets sur l'économie qu'après une période de un à deux ans. La conduite de la politique monétaire doit par conséquent être fondée sur l'opinion que nous nous faisons de ce que sera la situation économique non pas dans un jour ni dans un mois, mais bien dans un à deux ans.
Il y a un an, soit au début de 1997, les perspectives de croissance de l'économie mondiale étaient très prometteuses. L'activité économique à l'échelle internationale s'était raffermie et on s'attendait à ce qu'elle s'accélère à nouveau grâce aux bas taux d'inflation, à la réduction des déficits budgétaires et à la stabilité ou au repli des taux d'intérêt.