Des travaux empiriques récents portent à croire que les dépenses publiques ont un effet d'entraînement sur la consommation privée. Ce résultat contredit la théorie macroéconomique, selon laquelle l'effet de richesse négatif engendré par une hausse des dépenses publiques devrait faire baisser la consommation. Les auteurs de la présente étude élaborent un modèle simple de cycles réels dans lequel les préférences dépendent des dépenses privées et publiques, et où les ménages forment des habitudes. Le modèle est estimé à partir de données américaines au moyen des méthodes du minimum de distance et du maximum de vraisemblance. Les résultats des estimations indiquent une forte complémentarité au sens d'Edgeworth entre les dépenses privées et publiques. Grâce à cette propriété, le modèle est capable de générer une réaction positive de la consommation après une augmentation des dépenses publiques. Par ailleurs, les courbes de réaction générées par le modèle estimé imitent remarquablement bien celles obtenues à l'aide d'une autorégression vectorielle.

Publication :

Revue canadienne d’économique (0008-4085)
Août 2007, vol. 40, no 3, p. 954-979