Pour éprouver la validité empirique d'une équation fondée sur la nouvelle courbe de Phillips keynésienne, les auteurs adoptent des méthodes d'inférence qui permettent de surmonter le problème de l'identification. Ils appliquent la spécification proposée par Galí et Gertler (1999) à l'étude des données américaines et canadiennes. Deux variantes du modèle retiennent leur attention. La première repose sur l'hypothèse des anticipations rationnelles, et la deuxième est basée sur une version modifiée de celle-ci qui met à profit des mesures de l'inflation attendue tirées d'enquêtes. Les résultats obtenus à l'aide de ces deux variantes sont nettement différents en ce qui concerne : i) le problème de l'identification; ii) le comportement adaptatif; et iii) la fréquence de rajustement des prix. Les auteurs concluent que la nouvelle courbe de Phillips keynésienne hybride décrit assez bien la dynamique de l'inflation dans le cas des États-Unis mais pas dans celui du Canada. Leurs observations confirment l'utilité de méthodes d'inférence robustes sur le plan de l'identification pour l'estimation de relations macroéconomiques dynamiques faisant intervenir des anticipations.

Publication :

Journal of Economic Dynamics and Control (0165-1889)
Septembre-octobre 2006, vol. 30, nos 9-10, p. 1707-1727