Les auteurs élaborent une version de GEM (Global Economy Model) qui inclut cinq régions (le Canada, les autres pays exportateurs de pétrole, les États-Unis, les économies émergentes d'Asie, et le Japon plus la zone euro) et au sein duquel ils modélisent la production et les échanges de pétrole brut. Ils utilisent ce modèle pour analyser les mécanismes de transmission internationaux des chocs se répercutant sur le prix du pétrole. En présence de rigidités réelles qui contribuent à réduire, à court et moyen terme, la réaction de l'offre et de la demande de pétrole, les simulations présentées dans l'étude montrent que le modèle peut générer de façon endogène de larges variations du prix du pétrole ayant des effets importants sur les termes de l'échange des régions exportatrices de pétrole par rapport aux régions importatrices (dont les économies émergentes d'Asie). Ces fortes variations des termes de l'échange génèrent des transferts de richesse appréciables entre les régions. Les auteurs observent ce résultat en particulier lorsqu'ils simulent une augmentation durable du rythme de croissance de la productivité ou une hausse de l'intensité capitalistique (et donc pétrolière) du processus de production dans des régions comme celle regroupant les économies émergentes d'Asie. Les auteurs étudient aussi les implications d'une majoration de la taxe sur l'essence qui permet de réduire les impôts sur le revenu du travail. Ils démontrent qu'une telle mesure peut entraîner un accroissement des capacités de production dans le monde tout en favorisant une baisse de la consommation de pétrole.

Publication :

IMF Staff Papers (1020-7635)
Juin 2008, vol. 55, no 2, p. 297-311