La présente étude contribue au débat sur les multiplicateurs budgétaires dans le cadre d'un modèle structurel. L'auteure estime un modèle d'équilibre général dynamique et stochastique aux fondements microéconomiques, qui comporte un riche ensemble de règles de politique budgétaire et un mécanisme de transmission des variations des dépenses publiques, en utilisant des techniques bayésiennes sur des données relatives aux États-Unis. Les résultats obtenus indiquent que le multiplicateur des dépenses publiques s'établit à 1,12 et que l'incidence maximale a lieu au moment où le choc de dépense frappe l'économie. En outre, le modèle estimé prédit une réaction positive mais faible de la consommation privée à la hausse des dépenses publiques. Les multiplicateurs de l'impôt sur le revenu du travail et de l'impôt sur le capital au moment du choc sont respectivement de 0,13 et de 0,33. Les réductions d'impôt, en revanche, mettent du temps à faire sentir leurs effets, et elles sont plus stimulantes que les augmentations des dépenses à un horizon de 12 à 20 trimestres. Leur action expansionniste est principalement attribuable à la réaction de l'investissement. L'auteure procède à plusieurs simulations contrefactuelles afin de montrer en quoi le recours à d'autres modes de financement et la politique monétaire attendue ont des conséquences pour la taille des multiplicateurs budgétaires. Elle simule également l'incidence de la loi des États-Unis intitulée American Recovery and Reinvestment Act of 2009 dans le modèle estimé.

Publication :

International Economic Review (0020-6598)
Février 2014, vol. 55, no 1, p. 169-195