L’auteur construit et estime un modèle en vue d’expliquer l’évolution des prix des maisons aux États-Unis. Principal constat de l’étude : la hausse des prix enregistrée par rapport au niveau tendanciel durant la bulle immobilière qu’a connue ce pays entre 1995 et 2006 peut s’expliquer à hauteur de plus de 70 % par le fait que les agents évaluent les prix des maisons sur la base de prémisses erronées. Certains soutiennent que les frictions qui accompagnent les échanges – les frictions liées à la prospection – influent sur les prix des actifs, si bien que le marché des actifs affiche une efficience limitée, les chocs de liquidité poussant les prix à s’écarter temporairement de la trajectoire induite par les facteurs fondamentaux de long terme. Le modèle proposé par l’auteur conjugue les frictions liées à la prospection avec un postulat voulant que les agents croient à tort en l’efficience du marché. Ce modèle promet d’être fécond, car il parvient à reproduire la corrélation très étroite entre la croissance annuelle des prix réels et le taux de rotation sur le marché américain du logement. Une version linéarisée du modèle est estimée par la méthode des moindres carrés ordinaires à l’aide de données annuelles. Outre sa capacité à expliquer à plus de 70 % l’envolée des prix durant la bulle immobilière aux États-Unis, le modèle peut également prédire, comme le confirme l’estimation, que la progression des prix devrait être plus sensible à la variation du taux de rotation dans les régions du pays où l’offre est peu élastique. En partant du taux de rotation, l’auteur identifie un choc d’offre auquel peut être imputée au-delà de 80 % de la chute des prix réels des maisons observée depuis leur sommet de 2006 jusqu’en 2010.