Les auteurs proposent une théorie inédite de la contagion financière. Ils étudient les jeux globaux de coordination autour d’un changement de régime dans deux régions dont les facteurs fondamentaux présentent initialement une corrélation incertaine. Une crise dans la première région envoie un signal d’alerte aux investisseurs de la seconde, ce qui pousse ces derniers à réévaluer les facteurs fondamentaux de leur propre région. Il peut y avoir contagion après l’envoi de ce signal, même si les investisseurs apprennent que les facteurs fondamentaux des deux régions ne sont pas corrélés et qu’on observe une absence d’effets de créancier commun ou de liens entre les bilans. Cette théorie de la contagion, qui s’applique aux attaques contre la monnaie, aux retraits massifs de dépôts bancaires et aux crises d’endettement, est corroborée par les données existantes et génère une nouvelle prédiction susceptible d’être testée par des travaux empiriques.