La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 1¾ %. Le taux officiel d’escompte demeure donc à 2 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 1½ %.

La croissance économique mondiale a ralenti davantage que la Banque le prévoyait dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) de janvier. L’incertitude persistante liée aux conflits commerciaux a miné la confiance des entreprises et l’activité, ce qui a contribué à un ralentissement simultané dans un grand nombre de pays. De nombreuses banques centrales ont réagi en signalant un rythme plus lent de normalisation de leur politique monétaire. En conséquence, les conditions financières et la confiance des marchés se sont améliorées, ce qui a poussé les prix du pétrole et d’autres produits de base à la hausse.

L’activité économique mondiale devrait se redresser au cours de 2019 et se chiffrer à 3¼ % en moyenne sur la période de projection, à la faveur des conditions financières expansionnistes et du fait qu’un certain nombre de facteurs temporaires pesant sur la croissance s’estomperont. Cette prévision cadre essentiellement avec le potentiel de l’économie mondiale et une modeste révision à la baisse de la projection de janvier de la Banque.

Au Canada, on s’attend maintenant à ce que la croissance au premier semestre de 2019 soit plus lente qu’escompté en janvier. La baisse des prix du pétrole survenue l’an dernier et les contraintes de transport persistantes ont freiné les investissements et les exportations dans le secteur de l’énergie. Les investissements et les exportations à l’extérieur de ce secteur, pour leur part, ont souffert de l’incertitude entourant les politiques commerciales et du ralentissement de l’économie mondiale. Le logement et la consommation plus faibles que prévu ont aussi contribué à une croissance plus lente.

La Banque s’attend à ce que la croissance se redresse, à partir du deuxième trimestre de cette année. L’activité sur le marché du logement devrait se stabiliser, étant donné les gains démographiques continus, la diminution des effets des changements passés aux politiques de logement et l’amélioration des conditions financières mondiales. La consommation sera soutenue par la forte croissance du revenu d’emploi. À l’extérieur du secteur pétrolier et gazier, les investissements seront favorisés par les taux élevés d’utilisation des capacités, et les exportations augmenteront de pair avec le raffermissement de la demande mondiale. Parallèlement, la contribution des dépenses publiques à la croissance a été revue à la baisse à la lumière du nouveau budget de l’Ontario.

Dans l’ensemble, la Banque prévoit une croissance du PIB réel de 1,2 % en 2019 et d’environ 2 % en 2020 et en 2021. Cette prévision implique un modeste élargissement de l’écart de production, qui se résorbera au cours de la période de projection.

L’inflation mesurée par l’IPC et les mesures de l’inflation fondamentale se situent toutes près de 2 %. L’inflation mesurée par l’IPC va probablement baisser légèrement au troisième trimestre, en raison surtout de la dynamique des prix de l’essence, avant de retourner aux alentours de 2 % vers la fin de l’année. Compte tenu des effets de la nouvelle redevance sur la pollution par le carbone, ainsi que de la modeste marge de capacités excédentaires, la Banque s’attend à ce que l’inflation se maintienne autour de 2 % tout au long de 2020 et de 2021.

Compte tenu de l’ensemble de ces évolutions, le Conseil de direction juge qu’un taux directeur expansionniste demeure justifié. Nous continuerons d’évaluer le degré approprié de la détente monétaire à mesure que les nouvelles données seront disponibles. En particulier, nous suivons l’évolution des dépenses des ménages, des marchés pétroliers et des politiques commerciales mondiales afin de jauger la mesure dans laquelle les facteurs qui pèsent sur la croissance et les perspectives d’inflation se dissipent.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 29 mai 2019. La nouvelle projection pour l’économie et l’inflation ainsi qu’une analyse des risques connexes seront publiées dans le RPM que la Banque fera paraître le 10 juillet 2019.