La Banque du Canada maintient le taux directeur à 2¼ %

La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.

La guerre au Moyen-Orient a fait augmenter la volatilité des prix de l’énergie et des marchés financiers à l’échelle mondiale, en plus d’accentuer les risques pesant sur l’économie mondiale. L’étendue et la durée du conflit, et donc ses répercussions économiques, sont très incertaines.

Avant cette guerre, l’économie mondiale était en voie de progresser d’environ 3 %, comme on le prévoyait dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier. La croissance de l’économie américaine s’est modérée mais demeure solide, portée par la consommation et les investissements majeurs liés à l’intelligence artificielle. L’inflation aux États-Unis reste au-dessus de la cible et a évolué essentiellement comme prévu. Dans la zone euro, la demande intérieure soutient la croissance, tandis que les exportations ont reculé. En Chine, l’économie continue d’être stimulée par la vigueur des exportations, mais la demande intérieure reste faible.

Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, les prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel ont monté en flèche, ce qui fera grimper l’inflation mondiale à court terme. Les goulots d’étranglement causés par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, qui perturbent déjà l’approvisionnement énergétique, pourraient également se répercuter sur d’autres produits de base, comme les engrais. Les conditions financières jusque-là accommodantes se sont quelque peu resserrées. Les rendements obligataires mondiaux ont augmenté, les marchés boursiers ont reculé, et les écarts de crédit se sont creusés. Le taux de change Canada–États-Unis est demeuré relativement stable.

Après avoir connu une croissance de 2,4 % au troisième trimestre de 2025, le produit intérieur brut (PIB) du Canada s’est contracté de 0,6 % au quatrième trimestre. Cette performance est plus faible que postulé dans le Rapport de janvier, mais s’explique principalement par une réduction des stocks plus importante que prévu. La demande intérieure a progressé de plus de 2 % en raison de la vigueur des dépenses de consommation et des dépenses publiques, mais l’activité sur les marchés du logement est demeurée faible.

Nous continuons de nous attendre à ce que l’économie canadienne progresse modestement pendant qu’elle s’ajuste aux droits de douane américains et à l’incertitude entourant les politiques commerciales, mais les données récentes laissent croire que la croissance à court terme sera plus faible que ce qui était prévu en janvier. Le marché du travail reste détendu. Les gains d’emplois enregistrés au quatrième trimestre de 2025 ont été en grande partie annulés dans les deux premiers mois de 2026, et le taux de chômage est monté à 6,7 % en février. Si on fait abstraction de la volatilité, les données récentes semblent aussi indiquer que les exportations vont demeurer faibles. Il est trop tôt pour évaluer quelles répercussions le conflit au Moyen-Orient aura sur la croissance au Canada.

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a de nouveau diminué pour atteindre 1,8 % en février, comparativement à 2,3 % en janvier. L’inflation mesurée par l’IPC hors effet des variations d’impôts indirects et les mesures de l’inflation fondamentale ont également baissé et sont toutes proches de 2 %. Le rythme de croissance des prix des aliments a ralenti en février, mais demeure élevé. La hausse marquée des prix mondiaux de l’énergie a fait monter les prix de l’essence, ce qui se traduira par une augmentation de l’inflation globale dans les mois à venir.

Dans ce contexte général, le Conseil de direction a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 %. Étant donné que les données récentes laissent entrevoir une activité économique plus faible et que l’incertitude est élevée, les risques pesant sur la croissance semblent surtout baissiers. En même temps, les risques entourant l’inflation ont augmenté en raison des prix plus élevés de l’énergie. Nous allons continuer d’évaluer les répercussions des droits de douane américains et de l’incertitude entourant les politiques commerciales, de même que la manière dont l’économie canadienne s’ajuste. Nous suivons également de près le déroulement du conflit au Moyen-Orient et en évaluons les conséquences sur la croissance et l’inflation. Selon l’évolution des perspectives, nous restons prêts à réagir au besoin. La Banque s’engage à préserver la confiance des Canadiennes et Canadiens dans la stabilité des prix pendant cette période de bouleversements mondiaux.

Note d’information

La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 29 avril 2026. La Banque publiera en même temps le Rapport sur la politique monétaire d’avril.

Type(s) de contenu : Médias, Communiqués

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