La Banque du Canada maintient le taux directeur à 2¼ %
La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.
L’évolution du conflit au Moyen-Orient accroît la volatilité et la politique commerciale américaine continue de transformer la structure des échanges internationaux, deux situations qui sont des sources persistantes d’incertitude. La projection d’avril de la Banque est basée sur l’hypothèse que les droits de douane resteront inchangés et que le prix de référence mondial du pétrole descendra à 75 $ US le baril d’ici le milieu de 2027.
La guerre en Iran a entraîné une hausse marquée des prix de l’énergie et causé des perturbations dans les transports, ce qui a réduit les perspectives de croissance des pays importateurs de pétrole et fait monter l’inflation partout dans le monde. Aux États-Unis, la croissance devrait rester solide sur l’horizon de projection, stimulée par les investissements liés à l’intelligence artificielle et la croissance de la consommation. En Chine, l’économie est soutenue par des exportations robustes. Dans la zone euro, les prix plus élevés du pétrole et du gaz naturel pèseront sur l’activité économique.
Les conditions financières ont été volatiles en raison de l’évolution quotidienne de la situation au Moyen-Orient et de l’ajustement des attentes des marchés relativement à l’inflation et aux taux d’intérêt. Les rendements obligataires sont légèrement plus élevés depuis janvier, tandis que les marchés boursiers, qui avaient fortement baissé au début du conflit, se sont redressés. Depuis que la guerre a commencé, le dollar américain s’est apprécié par rapport à la plupart des grandes devises. Le taux de change Canada–États-Unis est demeuré relativement stable.
Dans l’ensemble, l’économie mondiale devrait croître d’environ 3 % en 2026, 2027 et 2028. Les projections relatives à l’inflation pour l’année à venir sont révisées à la hausse en raison du bond des prix de l’énergie.
Les perspectives de croissance de l’économie canadienne ont peu changé comparativement à la projection présentée dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier. Après s’être contractée au quatrième trimestre de 2025, la croissance devrait avoir repris au début de 2026. Les dépenses de consommation et les dépenses publiques soutiennent l’activité économique, alors que les droits de douane et l’incertitude commerciale pèsent sur les exportations et les investissements des entreprises. L’activité sur le marché du logement a diminué au quatrième trimestre et est freinée par la faible expansion démographique, l’incertitude économique et les problèmes d’abordabilité persistants. Le marché du travail est détendu, vu la croissance modeste de l’emploi au cours de la dernière année et les pertes d’emploi dans les secteurs visés par les droits de douane américains. Le taux de chômage se maintient dans une fourchette de 6½ à 7 %, ce qui reflète tant la faiblesse de l’embauche que la baisse du nombre de personnes qui cherchent un emploi.
Dans ses prévisions d’avril, la Banque estime que la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’élèvera à 1,2 % en 2026, et augmentera pour atteindre 1,6 % en 2027 et 1,7 % en 2028, à mesure que la croissance des exportations et des investissements des entreprises reprendra en suivant une trajectoire moins élevée. Comme la croissance du PIB dépasse légèrement celle de la production potentielle, l’offre excédentaire actuelle dans l’économie se résorbe graduellement. Bien que la guerre en Iran puisse modifier sa composition, la croissance globale du PIB reste presque inchangée dans la nouvelle projection : le Canada étant un grand exportateur net de pétrole, les cours pétroliers plus élevés font augmenter le revenu national, alors même que les consommateurs sont mis sous pression par les prix plus élevés à la pompe.
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a grimpé à 2,4 % en mars, en raison des prix de l’essence beaucoup plus élevés. Cette hausse fait suite à plusieurs mois de ralentissement de la croissance des prix. L’inflation fondamentale a reculé et, selon le plus récent rapport sur l’inflation, elle s’est maintenue juste au-dessus de 2 %. La part des composantes de l’IPC ayant enregistré des hausses de prix supérieures à 3 % a aussi baissé ces derniers mois. Comme prévu, peu de signes montrent jusqu’à présent que la montée des cours pétroliers s’est répercutée de façon plus générale sur les prix des biens et des services, mais il faudra suivre la situation de près au cours des mois à venir. Les attentes d’inflation à court terme ont augmenté, vu la montée des prix de l’essence et les hausses encore élevées des prix des aliments. Les attentes d’inflation à long terme sont toutefois restées ancrées.
L’inflation mesurée par l’IPC augmentera probablement encore en avril pour s’établir autour de 3 %. En supposant que les prix du pétrole diminueront, l’inflation devrait descendre à la cible de 2 % au début de l’an prochain et se maintenir autour de 2 % sur l’horizon de projection.
Dans ce contexte et en tenant compte de la projection actuelle, le Conseil de direction a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 %. Nous surveillons de près les répercussions du conflit au Moyen-Orient et la façon dont l’économie réagit aux droits de douane américains et à l’incertitude liée aux politiques commerciales. Le Conseil regarde au-delà de l’impact immédiat de la guerre sur l’inflation, mais ne laissera pas les prix plus élevés de l’énergie se transformer en inflation persistante. Selon l’évolution des perspectives, nous restons prêts à réagir au besoin. La Banque s’engage à préserver la confiance des Canadiennes et Canadiens dans la stabilité des prix pendant cette période de bouleversements mondiaux.
Note d’information
La prochaine date d’établissement du taux cible du financement à un jour est le 10 juin 2026. Le prochain Rapport sur la politique monétaire de la Banque sera publié le 15 juillet 2026.