Déclaration préliminaire à la conférence de presse suivant la décision de politique monétaire

Bonjour. Je suis ravi d’être ici avec la première sous-gouverneure Carolyn Rogers pour parler de notre décision de politique monétaire.

Aujourd’hui, le Conseil de direction a maintenu le taux directeur à 2,25 %, soit au même niveau que depuis octobre.

L’économie canadienne reste confrontée à l’incertitude élevée liée à la politique commerciale américaine et aux risques géopolitiques. La guerre en Iran vient ajouter une nouvelle couche d’incertitude. Son impact sur les économies mondiale et canadienne va dépendre de la durée du conflit et de la mesure dans laquelle il va s’étendre ailleurs au Moyen-Orient.

L’inflation au Canada est proche de la cible de 2 % depuis plus d’un an. Mais comme on le voit, la guerre en Iran fait bondir les prix du pétrole, ce qui va créer de l’inflation à court terme.

L’économie canadienne connaît déjà de nombreux défis, auxquels s’ajoute maintenant plus de volatilité. Le rôle de la Banque du Canada est d’être une source de stabilité. Nous soutenons l’activité économique tout en nous assurant que la montée des prix de l’énergie ne se transforme pas en inflation persistante.

Permettez-moi d’expliquer ce que nous avons observé depuis la publication du Rapport sur la politique monétaire de janvier, et ce que nous voyons à l’horizon.

Les données récentes montrent que l’économie canadienne demeure en situation d’offre excédentaire, et qu’elle progresse lentement pendant qu’elle s’ajuste aux droits de douane américains et à l’incertitude.

Après avoir connu une croissance de 2,4 % au troisième trimestre de 2025, le produit intérieur brut (PIB) s’est contracté de 0,6 % au quatrième trimestre. Cette performance est plus faible que ce qui était projeté au moment du Rapport de janvier, mais s’explique principalement par une réduction des stocks plus importante que prévu. La demande intérieure a progressé de 2,4 % en raison de la vigueur des dépenses de consommation et des dépenses publiques, tandis que l’activité sur les marchés du logement a été faible.

Les données reçues pour le début de 2026 semblent indiquer que l’économie reprend de l’expansion, mais à un rythme plus lent que ce qui était prévu en janvier. Le marché du travail reste détendu. Les gains d’emplois enregistrés à la fin de 2025 ont été en grande partie annulés dans les deux premiers mois de 2026, et le taux de chômage est monté à 6,7 % en février. Les données récentes sur le commerce ont été volatiles, mais laissent croire que les exportations vont demeurer faibles.

L’inflation a de nouveau diminué pour atteindre 1,8 % en février, comparativement à 2,3 % en janvier. L’inflation mesurée par l’IPC hors impôts et les mesures de l’inflation fondamentale ont également baissé et sont maintenant toutes proches de 2 %. Le rythme de croissance des prix des aliments a ralenti en février, mais demeure élevé. La récente flambée des prix mondiaux de l’énergie fait monter les prix à la pompe, ce qui va pousser l’inflation à la hausse dans les mois à venir.

Il est trop tôt pour évaluer les répercussions de la guerre sur la croissance au Canada. Si les prix plus élevés du pétrole se maintiennent, les revenus tirés des exportations d’énergie vont augmenter. En même temps, quand les prix du pétrole font un trou dans le budget des consommateurs, il leur en reste moins à dépenser ailleurs. Au-delà de la hausse des prix de l’énergie, la guerre en Iran va avoir d’autres effets sur les ménages et les entreprises. Les conditions financières se sont déjà resserrées : les rendements obligataires mondiaux sont plus élevés, les marchés boursiers sont plus bas, et les écarts de crédit sont plus larges. Les goulots d’étranglement causés par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz pourraient aussi se répercuter sur l’approvisionnement en produits de base non énergétiques, comme les engrais.

Durant ses délibérations, le Conseil de direction tient compte non seulement de la trajectoire la plus probable pour l’économie et l’inflation, mais aussi des risques entourant les perspectives. L’incertitude est grande. Le commerce et la situation géopolitique demeurent des zones d’ombre, et le conflit au Moyen-Orient a élargi l’éventail des issues possibles.

Par rapport à nos prévisions de janvier, les risques pesant sur la croissance économique sont plutôt baissiers. On estime que la croissance à court terme sera plus faible que prévu, et la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique est un gros point d’interrogation. Pour leur part, les risques entourant l’inflation sont plutôt haussiers en raison de la flambée des prix de l’énergie.

La combinaison d’un ralentissement économique et d’une montée de l’inflation pose un dilemme pour les banques centrales. Augmenter les taux d’intérêt pour ralentir l’inflation risque d’affaiblir davantage l’économie. Les baisser pour soutenir la croissance risque de faire grimper l’inflation nettement au-dessus de la cible. De plus, les perspectives du Canada sont brouillées par des changements structurels : transformation des relations commerciales, adoption de l’intelligence artificielle, et évolution de la démographie.

Avec l’inflation proche de la cible et l’économie en situation d’offre excédentaire, le risque que la hausse des prix de l’énergie se propage rapidement aux prix d’autres biens et services semble contenu. Mais plus le conflit dure longtemps et plus il s’étend, plus les risques sont grands. Le Conseil de direction va regarder au-delà de l’impact immédiat de la guerre sur l’inflation, mais si les prix de l’énergie demeurent élevés, nous ne laisserons pas leurs effets se généraliser et se transformer en inflation persistante.

À notre réunion cette semaine, nous avons décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 %. Nous restons prêts à réagir au besoin si les perspectives changent. Nous continuons d’évaluer l’impact des droits de douane américains et de l’incertitude liée aux politiques commerciales. Nous regardons aussi comment l’économie canadienne s’ajuste. Et nous surveillons de près le conflit au Moyen-Orient.

La Banque s’engage à préserver la confiance des Canadiennes et Canadiens dans la stabilité des prix pendant cette période de bouleversements mondiaux.

Sur ce, la première sous-gouverneure et moi répondrons avec plaisir à vos questions.

La Banque du Canada maintient le taux directeur à 2¼ %

La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.

Conférence de presse : Annonce concernant le taux directeur – Mars 2026

Annonce concernant le taux directeur — Conférence de presse donnée par le gouverneur Tiff Macklem et la première sous-gouverneure Carolyn Rogers (vers 10 h 30, heure de l’Est).