La révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique

Rapport sur la politique monétaire – Janvier 2026 – Point de mire

L’avenir de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique est incertain. Sa révision pourrait mener à divers scénarios dont les répercussions sur l’économie canadienne sont susceptibles de varier considérablement.

L’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est une entente commerciale trilatérale entrée en vigueur en 2020. Elle doit être revue en 20261. Les résultats de cette révision présentent un risque important pour les perspectives (Risques).

Les issues possibles sont multiples

La renégociation de l’ACEUM est entourée d’incertitude. Voici les principaux scénarios possibles :

  • L’ACEUM est prolongé de 16 ans, jusqu’en 2042, sans grands changements. Le régime actuel est alors maintenu, ce qui réduit l’incertitude pour les exportateurs et autour des chaînes d’approvisionnement intégrées. La prolongation de l’ACEUM est l’issue retenue dans le scénario de référence.
  • L’ACEUM fait l’objet d’une renégociation substantielle, laquelle pourrait accroître le coût des échanges commerciaux. Par exemple, un resserrement des règles visant à établir l’origine des produits (règles d’origine) ou un avantage tarifaire moins important pour les produits conformes à l’ACEUM (réduction des préférences tarifaires) entraîneraient une hausse du coût réel des échanges. Cela dit, les discussions pourraient aussi mener à une baisse de certains taux de droits de douane sectoriels, ce qui réduirait le coût des échanges commerciaux.
  • Les membres se retirent de l’ACEUM. Conséquences possibles : un accroissement marqué des obstacles commerciaux ou la conclusion d’accords bilatéraux.
  • Aucun accord n’est conclu, et l’ACEUM est soumis à une révision annuelle jusqu’à sa reconduction ou à son expiration (en 2036), prolongeant l’incertitude.

La trajectoire de l’économie canadienne pourrait être plus basse

Le fait que les exportations canadiennes soient en grande partie conformes à l’ACEUM a contribué à préserver leur compétitivité globale. Or, une révision défavorable de l’accord affaiblirait cette compétitivité, ce qui entraînerait une diminution du volume des exportations. Devant une baisse de la demande, les exportateurs réduiraient leur production, leurs investissements et leurs embauches. Ces effets se répercuteraient sur l’ensemble de l’économie, pesant sur des secteurs comme les services et plaçant le produit intérieur brut canadien sur une trajectoire plus basse2.

Les conséquences pour l’inflation sont contrastées. D’un côté, des coûts d’importation plus élevés, d’éventuelles contre-mesures tarifaires, des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et un dollar canadien plus faible exerceraient des pressions à la hausse sur les prix à la consommation. De l’autre, une baisse de la demande et l’offre excédentaire résultante auraient un effet modérateur sur les prix à la consommation.

  1. 1. Gouvernement du Canada, « Article 34.7 : Examen et reconduction », Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) – Chapitre 34 – Dispositions finales (5 décembre 2019).[]
  2. 2. Pour en savoir plus sur les effets potentiels d’une hausse des droits de douane sur l’économie canadienne, voir les scénarios dans Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire, avril 2025; Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire, juillet 2025 et Banque du Canada, « Point de mire : Évaluation des conséquences potentielles des droits de douane américains », Rapport sur la politique monétaire, janvier 2025.[]

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